Éric Bellerose, ex-joueur de hockey ami du maire Richard Marcotte, et Denis Guay, propriétaire du restaurant Boston Pizza, nient catégoriquement que le député péquiste Guillaume Tremblay ait été victime de menaces et d'intimidation dans ce restaurant de Mascouche.

Mis à jour le 18 mai 2011
Fabrice de Pierrebourg LA PRESSE

«Je vous le promets, ça n'est jamais arrivé», a déclaré Éric Bellerose à La Presse, hier. Mêmes dénégations de Denis Guay, que la SQ a interrogé lundi midi: «J'ai passé toute la soirée sur place. Si ça s'était passé, j'aurais été le premier à m'en rendre compte», a-t-il dit à La Presse.

Le jeune député de Masson a porté plainte à la Sûreté du Québec pour ces incidents, qui se seraient produits le 12 mai dernier. Il était attablé avec un ami à la terrasse couverte du Boston Pizza. À quelques tables de là se trouvaient Éric Bellerose, conjoint de la directrice de la chambre de commerce de Mascouche, le constructeur Marc Lacombe, propriétaire d'Habitation Lacombe, à Repentigny, et un autre individu dont le nom n'a pas été révélé. Il y avait aussi le maire de Mascouche, qui est resté quelque temps avec ses amis avant de rejoindre le propriétaire des lieux à une autre table.

Signalons que Marc Lacombe a nié qu'il était au Boston Pizza ce soir-là, mais Éric Bellerose, Denis Guay et le maire Marcotte ont confirmé qu'il était avec eux. L'entrepreneur portait même un chandail frappé du nom de son entreprise.

Menaces

Selon Guillaume Tremblay, il aurait d'abord eu une altercation avec l'un des convives du maire. Apeuré, Guillaume Tremblay aurait appelé son frère. Ce dernier est arrivé avec leur père, Jacques Tremblay, qui est conseiller municipal, et un ami. Les quatre ont décidé d'aller s'attabler dans la salle principale du restaurant.

Plus tard, un jeune homme accompagné d'un autre individu se serait approché de la table de Guillaume Tremblay et lui aurait dit qu'on lui avait offert 100$ pour l'emmener dehors et le battre. Or, il semble que ce jeune homme était un ami du frère de Guillaume Tremblay.

Joint par Rue Frontenac, le maire de Mascouche a déclaré que le député de 27 ans cherchait à se faire de la «publicité» aux dépens de sa ville: «Je ne lui ai même pas parlé, à Guillaume, dit-il. J'ai dit bonjour, j'ai envoyé la main et j'ai serré la main à son père, qui est conseiller municipal. Je n'ai eu connaissance d'aucune menace.»

Éric Bellerose, un colosse de 6 pieds 1 pouce qui a joué pour l'équipe nationale canadienne, dit que lui aussi a serré la main du plaignant et lui a dit bonjour. «Je n'en reviens pas, dit-il. Il y a des gardiens de sécurité dans la salle. S'il s'était passé quelque chose, ils seraient intervenus.» Il affirme que les policiers ne l'ont pas encore interrogé.

La Sûreté du Québec confirme seulement que les enquêteurs ont rencontré le député de Masson.

Le maire Marcotte, qui a été exclu de son parti, ainsi que des entrepreneurs avec lesquels la Ville de Mascouche et lui entretiennent des liens sont l'objet d'une enquête de l'escouade Marteau depuis des mois. De plus, le processus d'adjudication des contrats de la Ville est visé par une vérification du ministère des Affaires municipales.

Marc Lacombe n'a pas rappelé La Presse. Nul doute que les images captées ce soir-là par les caméras du restaurant aideront les enquêteurs à éclaircir cette histoire, qualifiée de «bizarre» par Éric Bellerose, et à élucider les contradictions dans le témoignage de Marc Lacombe.