Après avoir tenu des propos incohérents en matinée, le comédien Jean-François Harrisson s'est ressaisi cet après-midi si bien que la Couronne et la juge ont été rassurées sur son état mental. L'accusé de 36 ans a pu obtenir sa mise en liberté sous certaines conditions.

Mis à jour le 20 nov. 2010
Caroline Touzin LA PRESSE

En matinée, l'accusé parlait de lui à la troisième personne du singulier. «Je suis le représentant autorisé de Jean-François Harrisson (...) Je suis l'entité qui le représente», a-t-il dit devant une juge médusée. En après-midi, il était beaucoup moins agité. Ses propos étaient plus cohérents.

 

Le comédien soupçonné d'avoir possédé et échangé de la pornographie juvénile devra remettre son passeport aux autorités. Il devra aussi fournir un dépôt supplémentaire de 500$ aux 2000$ déjà déposés.

«Quand il est revenu devant la cour cet après-midi, je l'ai trouvé beaucoup plus calme, plus serein, plus sûr de lui, moins agité. Il a répondu de façon plus adéquate à mes questions et aux interrogations du tribunal», a souligné la procureure de la Couronne, Anne Gauvin.

Dans ces circonstances, la poursuite a renoncé à envoyer Harrisson subir une évaluation psychiatrique à l'Institut Philippe-Pinel. Elle ne s'est pas opposée à la mise en liberté de l'accusé.

Le comédien a tenté de conclure une entente avec la Couronne pour éviter d'aller à procès, a-t-on appris lors de l'audience. Or, l'offre de l'accusé - qui n'a pas été dévoilée- était inacceptable pour la Couronne.

Comme l'accusé n'avait pas reçu de réponse écrite de la Couronne, il a jugé qu'il n'avait pas besoin de se présenter à sa comparution prévue jeudi, a-t-il expliqué au tribunal. La juge l'a cru, mais lui a ordonné d'être présent sans faute à la prochaine date fixée par la cour, soit le 27 janvier prochain.

Jeudi, les policiers se sont rendus au domicile de l'accusé après que le tribunal eut émis un mandat d'arrestation contre lui pour avoir omis de se présenter en cour. Ils ont constaté que la plaque d'immatriculation de la voiture garée dans l'entrée avait été retirée. Le numéro de série de la voiture était également dissimulé. Personne n'a répondu à la porte.

Aux dires de Jean-François Harrisson, c'est probablement un membre de sa famille qui a retiré la plaque sans lui dire pour sa propre protection.  Le comédien dit avoir appris seulement ce matin, par le biais des médias, qu'il était recherché pour avoir omis de se présenter à la cour. «Je veux rassurer la cour. Je suis ici de bonne foi», a-t-il dit à la juge Villemure.  La Couronne n'écarte pas la possibilité de porter une accusation de bris de condition contre le comédien.

La cause de Jean-François Harrisson est encore à un stade préliminaire, bien que les premières accusations aient été portées en avril 2009. «On ne laissera pas le dossier traîner. À ce stade-ci, comme il y a une nouvelle accusation déposée, cela vient avec certains délais», a expliqué la Couronne aux médias présents.

Plus tôt en matinée, lorsque la greffière a demandé à Jean-François Harrisson de s'identifier dans le box des accusés, il a répondu: «Je suis le représentant autorisé de Jean-François Harrisson (...) Je suis l'entité qui le représente». L'accusé a ensuite expliqué qu'en vertu d'un «processus administratif privé», il avait le droit de s'exprimer de la sorte. La procureure de la Couronne a dû faire témoigner le sergent-détective Tim McGarr pour obtenir la confirmation que l'accusé debout dans le box était bel et bien Jean-François Harrisson.

Ni la Couronne ni la juge Villemure n'ont semblé comprendre en quoi consistait ce «processus administratif privé» invoqué. La représentante de la poursuite a alors soulevé un doute sur l'aptitude à comparaître de l'accusé en raison des «informations farfelues» qu'il donnait à la cour. Le comédien s'est alors excusé de son attitude qu'il met sur le compte de la nervosité. Pour y voir plus clair, la juge Villemure a demandé à ce que l'accusé, qui se défend seul, consulte un avocat de l'aide juridique. Il a rencontré un avocat à l'heure du dîner.

Le comédien a été arrêté vers 10h ce matin dans le quartier Saint-Léonard. Un mandat d'arrêt a été lancé contre le comédien puisqu'il ne s'est pas présenté devant la Cour du Québec, jeudi, pour le suivi de sa cause en matière de pornographie juvénile.

Par ailleurs, une nouvelle accusation a été déposée contre lui, hier. Elle a trait à de l'importation et de l'exportation de pornographie juvénile pendant une période de quatre ans, soit entre le 1er janvier 2004, et le 8 février 2008. Jusqu'à maintenant, les accusations concernaient une période d'un mois en 2008, et la possession de matériel pornographique le 4 février 2009.

L'ancienne vedette de Vrak-TV, qui a fêté ses 36 ans récemment, a changé d'avocat à deux reprises depuis le début du processus judiciaire. Il a d'abord été représenté par Me Claude F. Archambault, puis Me Marc Alain. Ce dernier a demandé la permission de se retirer du dossier le 18 octobre dernier, parce que son client et lui ne s'entendaient plus. La permission avait été accordée. Questionné au sujet de ses recherches pour trouver un autre avocat, M. Harrisson avait alors répondu qu'il attendait des réponses. Aujourd'hui, il a affirmé qu'il avait encore besoin de «réfléchir» à cette question.





Avec Christiane Desjardins