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Anne-Marie Péladeau fait face à 21 chefs d'accusation

Anne-Marie Péladeau... (Photo: Archives Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Anne-Marie Péladeau

Photo: Archives Patrick Sanfaçon, La Presse

Hugo Meunier
La Presse

Anne-Marie Péladeau, la fille du fondateur de l'empire Quebecor, Pierre Péladeau, devra répondre à 21 chefs d'accusations criminelles après son arrestation brutale et largement médiatisée, survenue mercredi matin à Montréal.

Les cheveux en bataille, l'air confus, en minijupe et col roulé noir remonté au menton, la petite soeur du magnat de la presse, Pierre Karl Péladeau, a fait son apparition hier en fin d'après-midi dans le box des accusés, au palais de justice de Montréal.

Vu les images diffusées de l'arrestation musclée, les journalistes et curieux qui s'étaient déplacés s'attendaient à découvrir un visage tuméfié.

Mais la femme de 40 ans, menottes aux poignets, n'avait pas de blessure apparente.

Son enquête sous caution a été fixée à ce matin. Durant sa comparution-éclair, l'accusée, toute menue, a tourné le dos à l'auditoire.

Avant de reprendre le chemin des cellules, par la voix de son avocat, elle a demandé à la juge de lui permettre d'aller à l'infirmerie.

La série d'accusations qui pèsent sur elle renvoie à des infractions commises entre le 28 septembre et le 12 octobre, en compagnie de son complice, Éric Kennedy, 29 ans. Au total, 28 accusations criminelles pèsent sur le duo, dont 21 sur Anne-Marie Péladeau. Celle-ci est impliquée dans trois événements, contre cinq pour son acolyte. Complot, vol qualifié, possession de marchandise volée, délit de fuite, voies de fait contre des policiers: le bilan est lourd.

Mercredi matin, le couple s'est présenté dans un supermarché de Saint-Léonard, pour y dérober un carton de cigarettes et un billet de loterie à l'aide d'une fausse carte. Mais leur larcin a mal tourné, puisque des policiers du poste 42 de Montréal-Nord ont aussitôt pris leur véhicule en chasse.

Un policier a subi une commotion cérébrale et un autre a été légèrement blessé au terme de la poursuite qui s'est terminée tout près, au coin des rues Lacordaire et des Gallets. L'arrestation musclée des deux fuyards a été croquée par les caméras de l'hélicoptère du réseau TVA.

Au moment où l'identité de la suspecte était encore inconnue, deux policiers impliqués dans l'arrestation étaient relégués à des tâches administratives, en attendant qu'une enquête interne fasse la lumière sur la méthode policière utilisée. Après avoir visionné l'arrestation musclée filmée par le réseau TVA, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Yvan Delorme a contacté le ministre de la Sécurité publique mercredi soir en vertu de la loi qui régit le travail des policiers. Le ministre Jacques Dupuis a immédiatement ordonné une enquête qui sera menée par la Sûreté du Québec.

«À partir du moment où le directeur m'a dit qu'il y avait des allégations criminelles il n'y a pas eu de doute. J'ai agi immédiatement. Les images que j'ai vues nécessitent une enquête. Si vous me demandez "est-ce que j'ai aimé les images (de l'arrestation)? Ma réponse est non "», a-t-il affirmé hier au Téléjournal de Radio-Canada, 22h.

Dans les couloirs du palais de justice, hier, une amie intime du clan Péladeau, Solange Harvey, s'indignait contre le recours à la force abusive manifestée à l'endroit de celle qu'elle considère comme sa fille. «Ils ont été brutaux, je n'en reviens pas. On ne traite même pas un animal de même, c'est odieux!», s'est scandalisée Mme Harvey, qui a tenu un courrier du coeur durant de longues années au Journal de Montréal. Selon Mme Harvey, Anne-Marie Péladeau, qui a déjà parlé publiquement de ses problèmes de drogue, ne s'est toujours pas sortie de cet enfer qui l'a menée plusieurs fois en cures de désintoxication.

Sa toxicomanie l'a aussi menée devant les tribunaux à quelques reprises. En 1999, elle avait engagé une bataille judiciaire contre des membres de sa famille, pour toucher sa part d'héritage deux ans après la mort de son père. Les problèmes de drogue d'Anne-Marie Péladeau avaient également forcé sa famille à gérer ses biens.

Dans un bref communiqué, le SPVM a expliqué hier après-midi prendre la situation très au sérieux. Le SPVM a aussi senti le besoin de rétablir les faits, en précisant que dans sa fuite, le véhicule occupé par Mme Péladeau a provoqué deux accidents. «Ce véhicule est entré en collision avec un autre véhicule pour une première fois. Une jeune fille de 5 ans a alors subi un choc nerveux mais sans aucune autre blessure. Les policiers ont finalement intercepté le véhicule suspect après qu'il a provoqué une deuxième collision avec deux camions immobilisés à un feu rouge», peut-on lire.

Le porte-parole de Quebecor n'a pas voulu commenter l'affaire.

ANNE-MARIE PÉLADEAU ET LA JUSTICE

1993: La toxicomanie d'Anne-Marie Péladeau force sa famille à la placer sous tutelle, de façon à ce que ses biens soient géré par un tiers.

1996: Elle conteste la tutelle imposée par son père en cour.

1997: Le Trust général du Canada hérite de la tutelle des biens d'Anne- Marie Péladeau, qui possède des parts de Quebecor depuis l'âge de 21 ans.

1999: Anne-Marie Péladeau se tourne vers les tribunaux pour poursuivre ses frères, qu'elle accuse de vouloir la priver de sommes d'argent importantes.

Des procédures sont toujours en cours entre les anciens avocats d'Anne- Marie Péladeau et les frères Péladeau.

Avec Sara Champagne




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