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Le meurtre plus stressant que le parachute, dit le délateur Gagné

Ayant expérimenté l'un et l'autre, Stéphane Gagné considère que commettre un meurtre est bien plus stressant que de sauter en parachute.

C'est l'image que le délateur Gagné a employée, jeudi, pour expliquer à l'avocate de la défense, Carole Beaucage, qu'il ne pouvait se souvenir des plus infimes détails du meurtre du gardien de prison Pierre Rondeau, le 8 septembre 1997. «C'est arrivé il y a 11 ans, maître. L'adrénaline était à fond. J'étais nerveux, stressé, je n'avais pas le temps de penser à tout. Je faisais du parachute quand j'étais dehors, et ce n'était pas stressant par rapport à faire un meurtre», a dit Gagné.

 

Principal témoin à charge au procès de Paul Fontaine, Stéphane Gagné en était jeudi à son 14e jour dans le box des témoins, dont les 12 derniers en contre-interrogatoire. Et ce n'est pas fini. Il reviendra lundi pour la 13e journée.

Paul Fontaine est accusé du meurtre prémédité du gardien de prison. Depuis son arrestation, en décembre 1997, Gagné affirme que c'est lui et Fontaine qui ont commis l'attentat contre le fourgon cellulaire que conduisait M. Rondeau. Ils devaient le faire pour monter dans l'organisation des Hells Angels, car c'était une commande de Maurice Boucher, a aussi souvent expliqué Gagné.

Long contre-interrogatoire

Par son long contre-interrogatoire, Me Beaucage tente de discréditer le délateur, en traquant la moindre contradiction ou différence entre ses nombreuses déclarations et témoignages précédents. Par ses questions, elle insinue aussi que Gagné a commis le crime avec quelqu'un d'autre, probablement Steve Boies, mais qu'il fait porter le chapeau à Fontaine.

«C'est Paul qui était avec moi sur le meurtre de Rondeau», répète inlassablement Gagné.

Me Beaucage a aussi tenté de faire dire à Gagné qu'il avait visé M. Rondeau et tiré sur lui. D'ailleurs, une de ses balles a effectivement atteint M. Rondeau.

Gagné soutient qu'il n'a pas visé le chauffeur, car son boulot était de tirer sur son aide. Fontaine avait précisé que lui-même s'occuperait du chauffeur, dit-il.

«J'ai fait des tirs de protection en m'en allant. C'était un semi-automatique. Ça va vite. Cinq coups, ça fait tac, tac, tac, tac, tac. Je ne l'ai pas visé volontairement. Je ne savais même pas que j'avais atteint le chauffeur, je l'ai su après mon arrestation, par un policier», a soutenu Gagné.

Si le procès de Fontaine survient si longtemps après les faits, c'est que l'accusé a été en cavale pendant six ans. En fait, il a disparu en décembre 1997, après l'arrestation de Stéphane Gagné, tout comme André Tousignant. Ce dernier a été retrouvé assassiné en février 1998. Fontaine a pour sa part été arrêté dans la région de Québec en 2004. Gagné a toujours dit qu'il avait commis le meurtre de la gardienne de prison Diane Lavigne avec Tousignant, en juin 1997, et celui de M. Rondeau avec Fontaine, en septembre de la même année.

Présidé par le juge Marc David, le procès de Fontaine, qui a lieu devant jury, a commencé le 6 octobre dernier et doit se poursuivre après les Fêtes.

 




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