La mairesse de Montréal, Valérie Plante, demande aux partis politiques provinciaux de s’engager à rétablir l’équité fiscale entre Québec et les municipalités, afin que Montréal puisse obtenir du financement « à la hauteur de ses responsabilités ».

Publié le 15 août
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

« On doit négocier le nouveau pacte fiscal dans deux ans, mais en attendant, pour Montréal, le modèle archaïque de la taxe foncière, dont on dépend à 70 %, ne tient plus, considérant nos responsabilités grandissantes et la capacité de payer des Montréalais et Montréalaises », a plaidé Mme Plante, lundi, en conférence de presse devant l’hôtel de ville de Montréal. « On a mis en place un chantier sur la fiscalité, mais on a besoin d’argent maintenant. »

En prévision de la campagne électorale provinciale qui débutera bientôt, la mairesse a produit un document de 15 pages détaillant les demandes de la Ville aux partis provinciaux.

Mme Plante a refusé de préciser quel montant elle espère obtenir de Québec à la suite du rééquilibrage fiscal souhaité.

Mais elle a noté que le gouvernement de François Legault avait annoncé lundi matin des revenus supplémentaires inattendus de 4,7 milliards.

Le document préparé par son administration détaille plusieurs services actuellement offerts par la Ville, qui sont pourtant de la responsabilité du gouvernement du Québec, selon elle.

Par exemple, Montréal estime que Québec devrait lui verser 51 millions par année pour compenser les coûts des services policiers d’enquête et d’intervention (services de niveau 5) liés à l’effet métropole.

On demande aussi au gouvernement provincial de financer le service de premiers répondants offert par le Service de sécurité incendie de Montréal, dont le déficit annuel de fonctionnement est estimé à 12 millions.

La Ville souhaite de plus obtenir une compensation pour l’ensemble des coûts qu’elle assume en matière d’intervention psychosociale et de santé et services sociaux.

« Moment clé »

« La prochaine [campagne électorale] est un moment clé qui doit nous guider vers des solutions concrètes qui vont répondre efficacement aux crises sans précédent qu’on traverse collectivement, a souligné Valérie Plante. Je pense à la crise climatique, à la crise du logement, à la hausse des violences armées dans nos villes, et aussi à l’inflation, qui affecte le portefeuille de tout le monde. Notre administration travaille sur des solutions à ces enjeux, mais elle ne peut pas agir seule. »

La pandémie a démontré que les villes étaient souvent les mieux placées pour répondre à certains enjeux, selon la mairesse, que ce soit au chapitre de l’habitation, de la mobilité, de l’itinérance ou de la sécurité publique. Mais elles manquent de moyens pour agir.

On veut des réponses claires aux demandes de la métropole, notamment comment le gouvernement du Québec va soutenir la métropole dans la lutte [contre les] violences armées, comment il va garantir à tous les Montréalaises et Montréalais l’accès à un logement décent et abordable, et comment il va mettre en place un véritable plan de mobilité durable dans la métropole.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Pour discuter des demandes communes des municipalités, la mairesse rencontre mardi le président de l’Union de municipalités du Québec, Daniel Côté, maire de Gaspé.

Selon l’opposition à l’hôtel de ville, Mme Plante aurait dû faire des demandes plus précises en lien avec la sécurité publique, en raison des évènements impliquant des armes à feu qui se multiplient à Montréal.

« Des parents ont peur d’envoyer leurs enfants à l’école ou de sortir promener leur chien », a déploré Abdellaq Sari, porte-parole de l’opposition en matière de sécurité publique.

Selon lui, il est urgent de remédier au manque d’effectifs au sein du Service de police de la Ville de Montréal et de doter les policiers de caméras portatives, des enjeux qui n’ont pas été abordés par la mairesse en conférence de presse.