Montréal devra « identifier des ressources financières et humaines » pour augmenter le taux d’application des recommandations de sa vérificatrice générale (VG), dont plusieurs tardent à être appliquées, a recommandé vendredi une commission municipale.

Publié le 12 août
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Dès cette année, il faudra en effet « identifier les ressources financières et humaines nécessaires ainsi que les outils adéquats afin d’augmenter davantage le taux de mise en œuvre des recommandations du Bureau du Vérificateur général », a affirmé le président de la Commission sur les finances et l’administration et maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais.

En mai, dans son rapport annuel, la vérificatrice générale Michèle Galipeau – qui en est à la septième et dernière année de son mandat – déplorait que « depuis plus de six ans, force est de constater que globalement, la majorité des engagements ne sont pas honorés ».

« Bien que certains retards puissent être attribués à la situation pandémique des deux dernières années, j’observe que plus de 37 % des recommandations réglées en 2021 avaient des plans d’action dont les échéances dataient de plus de deux ans. Également, au 31 décembre 2021, plus de 75 % des recommandations non closes accusent un retard dans leur application par rapport aux engagements des unités d’affaires et dont 36 % depuis plus de deux ans. […] Cette situation n’est pas acceptable », regrettait Mme Galipeau.

Celle-ci déplore que plusieurs mesures ont pourtant été mises en place ces dernières années pour prévenir la non-application des recommandations, dont l’embauche au Bureau du contrôleur général d’une ressource y étant partiellement consacrée, « ainsi que la nomination de coordonnateurs pour chaque unité d’affaires ». « Ajoutons à cela la révision et l’optimisation de nos pratiques à cet égard, et notre implication dans la formation des différents intervenants impliqués », disait encore la VG à ce sujet.

Une synthèse pour faire le suivi

Pour remédier à la problématique, la commission présidée par M. Lessard-Blais suggère également de réaliser « une synthèse » qui présenterait « le portrait global et actualisé des recommandations non réalisées, par unités d’affaires, afin d’en faciliter le suivi » auprès des autorités municipales.

Les commissaires recommandent également à la Ville d’élaborer « un mécanisme qui lie la mise en œuvre des recommandations de la vérificatrice générale aux priorités de la Direction générale et à l’évaluation annuelle du directeur général et des gestionnaires ».

Ce printemps, Mme Galipeau avait notamment dénoncé dans son rapport annuel le fait que les autorités municipales n’ont pas de vue d’ensemble des chantiers qui peuvent avoir un impact sur la circulation automobile. « Les travaux actuels ne recensent pas l’ensemble des projets qui se réaliseront autant sur la rue que hors rue et qui ont des impacts sur la voie publique », avait-elle écrit, en ajoutant que « cette vision incomplète des projets n’assure pas une planification et une coordination optimale des travaux sur le réseau routier avant leur réalisation, ce qui peut entraîner des impacts négatifs sur la mobilité des usagers ».

La VG s’était penchée sur d’autres sujets dans son rapport 2021, notamment le Programme Aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises (PAUPME) et la politique de l’arbre. Le PAUPME est le programme mis en place par le ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) pour soutenir les entreprises touchées par le ralentissement économique causé par la pandémie de COVID-19.

En enquêtant à ce sujet, Mme Galipeau avait découvert que « 19 % des dossiers examinés ayant obtenu un prêt ne respectaient pas au minimum un critère d’admissibilité au programme établi par le MEI ».