C’est avec soulagement que les quelques dizaines de Français rassemblés dimanche après-midi à l’Union française de Montréal ont accueilli la victoire d’Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle.

Publié le 25 avril
Lila Dussault
Lila Dussault La Presse

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Diane Martin-Graser et Yan Niesing, employés de l’Union française de Montréal, regardaient avec anticipation les résultats à l’écran, quelques minutes avant le dévoilement final. Pour Mme Martin-Graser, responsable des communications à l’Union et organisatrice du rassemblement, « il est important pour les Français [au Québec] de partager un moment comme ça ».

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Vivant au Québec depuis 33 ans, Blaise Descours ne cachait pas sa joie après l’annonce des résultats : « Je crois que j’ai gagné aujourd’hui », a-t-il lancé à La Presse. Même s’il dit voter à droite au Québec, le septuagénaire n’a pas mâché ses mots à l’égard de la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, affirmant qu’il ne voulait pas la voir au pouvoir.

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Aux premières loges, Pierre Louis et Mégane Royaney ont tenu à participer au dévoilement final entourés de compatriotes. « On est soulagés, tous, a affirmé Pierre Louis, 24 ans, au sujet de la victoire d’Emmanuel Macron. C’est ce que les sondages prédisaient, mais on avait peur d’une [mauvaise] surprise. » À ses côtés, Mégane Royaney, 30 ans, a renchéri : « Être contents, c’est un grand mot. Mais disons qu’on a sauvé les meubles ! »

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Près de 14 millions d’électeurs ont préféré s’abstenir de voter au second tour, soit 28,2 % d’entre eux, selon le journal Le Figaro. Jérôme Debernardi, qui vit à Montréal depuis 20 ans, partage le désenchantement de ses compatriotes à l’égard du monde politique. « Je n’ai plus aucune conviction pour le système dans lequel on vit », a-t-il confié. L’homme de 44 ans se dit pour le « vote blanc », où l’électeur ne remplit aucune case pour signifier son opposition aux choix offerts.

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Florence Roger, candidate aux législatives en Amérique du Nord pour La France insoumise – le parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon –, se trouvait à Montréal pour l’occasion. « C’est très bien que l’extrême droite ne soit pas passée, a-t-elle affirmé après l’annonce des résultats. On est contents qu’il y ait eu un barrage. » Selon elle, les Français ont désormais de nouveaux choix avec les élections législatives (qui permettent d’élire les députés de l’Assemblée nationale). De gauche à droite : Yves Hupe, Florence Roger et Thibault Froehlich.

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Si le discours de Marine Le Pen a été accueilli avec froideur par la petite foule rassemblée à l’Union française, celui de Jean-Luc Mélenchon a été chaudement applaudi. N’en demeure pas moins que l’intérêt pour cette course électorale a été limité cette fois-ci : des bars montréalais populaires auprès de la clientèle française, comme L’Barouf et Monsieur Ricard, ont même décidé de ne pas participer à la soirée politique, préférant présenter un match de soccer.