À l’issue du Forum montréalais pour la lutte contre la violence armée, qui s’est terminé jeudi, la Ville de Montréal investira 7,4 millions pour des initiatives ciblant les jeunes et leurs familles

Publié le 31 mars
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

« Au-delà de la réponse immédiate aux évènements violents, il faut se pencher sur les conditions qui améliorent la qualité de vie et le parcours des jeunes, et qui peuvent les maintenir loin de la criminalité et des armes », a expliqué la mairesse Valérie Plante, en annonçant cet investissement, en fin de journée jeudi.

Une somme de 2 millions servira à soutenir des projets initiés « par et pour les jeunes », a indiqué Mme Plante. Il permettra de financer des projets tels que des campagnes de sensibilisation, des évènements ou des activités sociales, sportives et culturelles, en collaboration avec les organismes communautaires.

De plus, la Ville de Montréal réservera 5 millions provenant de son budget participatif à des projets d’infrastructures qui répondent aux besoins des jeunes, tels que « des plateaux sportifs, des projets de ruelles vertes ou d’agriculture urbaine », a cité la mairesse.

Enfin, 400 000 $ seront consacrés à la création d’une ligne d’accompagnement téléphonique offerte aux familles qui veulent agir pour la prévention de la violence.

Crise de santé publique

Le Forum montréalais pour la lutte contre la violence armée, qui s’est déroulé sur trois jours au cours des trois derniers mois, a permis à une centaine de personnes de discuter des meilleures pratiques pour combattre la criminalité.

Valérie Plante a promis, aux côtés du chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, que ces discussions mèneront à d’autres pistes d’action en vue d’une deuxième série d’engagements.

Au cours du forum, on a notamment soulevé le fait que la violence armée devait être traitée comme une crise de santé publique, qui est exacerbée par la pandémie, par les inégalités sociales et par les réseaux sociaux.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron

« Pour en arriver à une bonne couverture vaccinale chez les jeunes, on est allé les chercher là où ils étaient, alors il faut faire la même chose pour d’autres types de problématiques », a noté la directrice de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, qui participait à l’évènement.

Les participants ont aussi soulevé le problème de la glorification de la violence sur les réseaux sociaux, le besoin de soutien pour les parents, la nécessité pour les jeunes d’avoir accès à des intervenants de confiance, le manque de financement des organismes communautaires et l’importance de mieux contrôler les armes à feu.

Interdire les armes de poing

À ce sujet, Valérie Plante a directement interpellé le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, présent à ses côtés en conférence de presse, en réitérant sa demande pour une interdiction des armes de poing au Canada.

L’interdiction des armes, c’est primordial pour moi et pour d’autres acteurs, dont le SPVM. Parce que si à chaque fois qu’on retire une arme, il y en a dix autres qui apparaissent, soit en provenance d’une autre province ou des États-Unis, c’est difficile.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

« On sera là pour prendre plus d’actions », a répondu le ministre Mendicino, sans toutefois prendre d’engagement concret à ce sujet.

Du côté de l’opposition à l’hôtel de ville, on déplore que les engagements de l’administration Plante manquent de sérieux.

« Il est ironique de voir la mairesse piger dans le budget participatif de la Ville de Montréal en pensant que c’est avec des projets de ruelles vertes qu’on va enrayer la violence armée », a déploré Abdelhaq Sari, porte-parole de l’opposition en matière de sécurité publique et vice-président de la Commission sur la sécurité publique. « En décembre dernier, nous lui avions proposé d’allouer plutôt une somme de ce budget participatif pour le projet de centre sportif à Montréal-Nord. Cette solution, beaucoup plus concrète et attendue par les organismes et les citoyens, nous a été refusée. »