(Montréal) Plus d’un millier de personnes ont défilé samedi matin dans les rues de Montréal au nom de la « liberté ». Elles étaient ensuite invitées à prendre la route d’Ottawa, pour se joindre aux opposants aux mesures sanitaires qui occupent la colline du Parlement.

Mis à jour le 12 février
Léa Carrier
Léa Carrier La Presse

« Je suis ici pour défendre mon libre choix. Chaque humain a le droit à son propre choix », a lancé un manifestant en tête de la marche. L’homme, qui se fait appeler « Momo », avait participé au premier convoi vers Ottawa qui a déclenché une suite de manifestations à travers le pays.

Le point de rencontre avait été fixé au parc Jarry, dans le quartier Villeray, à 10 h. L’invitation, intitulée « Unis dans l’amour et la liberté », avait été lancée par des groupes d’opposition aux mesures sanitaires.

Au son des « Liberté » et des « Fuck Trudeau », les manifestants ont marché sous une forte surveillance policière. Ils ont réclamé la levée des mesures sanitaires et dénoncé les politiques qui « divisent le peuple ».

« Tout le monde fait ses choix, tout le monde est égal. Le passeport vaccinal engendre toutes sortes de divisions qui sont néfastes à long terme pour la société », a lâché Pascal Mucci, drapeau fleurdelisé à la main. Il comptait se rendre à Ottawa après la marche, son troisième tour dans la capitale fédérale dans le cadre des manifestations.

Selon les organisateurs de l’évènement, des convois en partance de Montréal, de la Beauce, de Sherbrooke, de Magog, de Granby et de Lac-Mégantic doivent se rejoindre samedi « pour former le plus gros convoi du Québec vers Ottawa ». Dans le stationnement du parc Jarry, une poignée de véhicules étaient marqués d’un autocollant « Convoi de la liberté ».

Le SPVM n’a rapporté aucun débordement au terme de la manifestation.

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE


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Contre-manifestation

Des contre-manifestants se sont invités au rassemblement pour s’opposer au convoi de la liberté, qu’ils qualifient de « cheval de Troie pour l’extrême droite ». « Ni Trudeau ni covidiots, la solution n’est pas facho ! », ont-ils scandé. Les deux groupes étaient séparés par une ligne d’agents policiers.

« On regarde les images à travers le Canada et c’est quelque chose qui nous fait peur. Je savais que si ça se pointait à Montréal, je voulais être là pour résister à cette vague d’extrême droite », a partagé Mathieu Perron. « Je ne veux pas que ces gens se sentent les bienvenus ici. Je ne veux pas qu’ils aient l’impression qu’ils peuvent venir ici avec le même racisme, la même cruauté et le même manque de solidarité [qu’on a vu dans le reste du pays] », a affirmé Danielle, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.

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Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada

Interrogé sur l’influence d’acteurs de l’extrême droite au sein du mouvement, le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a dénoncé « les journalistes qui cherchent une pomme pourrie dans le groupe ». « C’est de la désinformation. C’est discréditer les gens ici qui manifestent de façon pacifique », a-t-il répondu à La Presse. Après la marche, il devait se rendre à Ottawa pour se joindre aux camionneurs.