La Société de transport de Montréal (STM) testera de nouvelles caméras qui pourraient remplacer les rétroviseurs sur ses autobus, afin d’améliorer la sécurité des usagers et la conduite des chauffeurs. Deux autobus seront impliqués dans un premier temps, mais si tout se passe bien, ces équipements pourraient être étendus au reste de la flotte.

Publié le 12 janvier
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ce que ça va surtout permettre, c’est que la visibilité soit améliorée pour nos chauffeurs. Ces derniers vont se retrouver à regarder un écran dans leur habitacle plutôt qu’un rétroviseur dans une vitre où il peut, par exemple, y avoir de la réverbération », affirme le porte-parole de la STM, Philippe Déry. Il affirme que déjà, les premiers commentaires des salariés sont « très positifs ».

Lors d’un virage à gauche, un rétroviseur standard peut en effet contribuer à « augmenter momentanément l’angle mort » du conducteur du bus. « Avec un système de caméras comme celui-ci, on exclut ça. Il y a aussi une notion de durabilité et de fiabilité, parce que des rétroviseurs, on en remplace souvent, quasiment au quotidien », confie M. Déry, qui envisage que des économies pourraient ainsi être faites avec ces caméras.

De surcroît, la société de transport espère réduire le risque d’accrochage de ses rétroviseurs avec des piétons, des cyclistes ou encore du mobilier urbain. Quoique relativement rares, ces incidents surviennent à l’occasion sur l’île de Montréal.

Un avis de la SAAQ

Doté de deux caméras – une de chaque côté du bus – et de deux écrans à haute définition reliés à ces caméras, ce nouveau système coûte environ 14 000 $ à l’unité, selon des chiffres de la STM.

La société testera les caméras sur deux de ses bus dans les prochains jours, après l’avoir fait dans un circuit fermé au cours des derniers mois. L’un des buts avoués du projet est aussi d’offrir plus de visibilité aux chauffeurs dans des conditions difficiles, notamment la nuit, lors d’un contrejour, dans un tunnel ou pendant des épisodes de forte pluie ou de neige abondante.

Si le tout est concluant, « on pourrait prendre la décision de l’étendre au reste du réseau », dit le porte-parole, qui rappelle toutefois qu’une autorisation de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) sera requise. Un rapport sera remis à l’organisme gouvernemental à l’issue de ce projet-pilote.

Le coût unitaire du système pourrait être « diminué » si la prochaine commande de « caméras-rétroviseurs » est plus grande, précise au passage le transporteur.

À la fin du mois de décembre, en calculant qu’elle sera de nouveau confrontée à une chute de fréquentation coûteuse, la STM avait indiqué qu’elle continuera à offrir un service en baisse sur ses réseaux de métro et d’autobus en 2022. « L’ajustement de -3,5 % pour le secteur bus et de -5 % pour le secteur métro par rapport à l’offre budgétée en 2019 permettra à la STM de réduire ses dépenses de 21,3 millions en 2022 comparativement au budget 2021 », a en effet indiqué la société dans son budget annuel, paru le même jour que celui de la Ville de Montréal.