Confrontée à une chute de fréquentation coûteuse, la Société de transport de Montréal (STM) continuera à offrir un service en baisse sur ses réseaux de métro et d’autobus en 2022.

Mis à jour le 22 déc. 2021
Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

L’organisation a dévoilé l’information sans tambour ni trompette, dans un budget annuel dévoilé en même temps que celui de la Ville de Montréal.

« La STM a revu à la baisse son offre de service pour les secteurs bus et métro pour 2022 », indique la STM dans le document. « L’ajustement de -3,5 % pour le secteur bus et de -5 % pour le secteur métro par rapport à l’offre budgétée en 2019 permettra à la STM de réduire ses dépenses de 21,3 millions en 2022 comparativement au budget 2021. »

Selon l’organisation, le niveau de service qui sera offert en 2022 est « comparable » à celui de 2021.

À la source de cette décision : la chute du nombre d’usagers depuis le début de la pandémie. Cet automne, la STM disait déplacer seulement la moitié des Montréalais qu’elle déplaçait avant la pandémie.

En entrevue, le nouveau président du conseil d’administration de la STM a fait valoir que le retour des passagers sur le réseau est « progresse beaucoup plus lentement » que prévu, ce qui permet de réduire l’offre sans impact majeur pour la clientèle.

« C’est quelques départs de moins là où ça ne fait pas mal », a expliqué Eric Allan Caldwell en entrevue téléphonique avec La Presse. « La STM connait bien les besoins de sa clientèle, connait bien son achalandage. Ce sont vraiment des ajustements chirurgicaux qui ont été faits, surtout via la gestion du temps supplémentaire. »

Malgré la baisse de service, il demeure un trou budgétaire de 43 millions creusé dans le budget. La STM l’identifie comme un « manque à gagner qui devra provenir de nouvelles sources de revenus à identifier au cours de l’année 2022 ».

La STM se plaint de ne pas recevoir assez d’argent de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), chargée de coordonner les acteurs du transport en commun dans le Grand Montréal. Sa contribution « ne permet pas de couvrir l’évolution normale des dépenses d’exploitation malgré l’ajustement du niveau de service ».

M. Caldwell affirme que combler ce manque à gagner constituera « un défi », mais se dit confiant de trouver une solution.

La STM affiche un budget de 1,6 milliard en 2022, en hausse de 3 %.