Une compensation financière équivalant à 50 % du compte de taxes municipales pendant 5 ans et l’accès gratuit au Réseau express métropolitain (REM) pour la même durée, voilà ce que réclament cinq pétitionnaires en dédommagement pour la perte de qualité de vie due aux travaux du REM dans l’ouest de l’île Jésus.

Stéphane St-Amour, Initiative de journalisme local Courrier Laval

Cette réclamation, qui profiterait aux propriétaires dont la résidence se trouve dans un rayon de 800 mètres des travaux du REM, vise à la fois le gouvernement du Québec, Ville de Laval et CDPQ Infra, filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec responsable de la planification, du financement, de la construction et de l’exploitation de ce projet d’infrastructure en transport public évalué à sept milliards de dollars.

La pétition mise en ligne le 30 septembre sur le site de l’Assemblée nationale – qui se poursuivra jusqu’à ce mercredi 24 novembre – avait recueilli en date de lundi midi 167 signatures.

Parmi les considérants en appui à cette revendication, on note, entre autres, les « gigantesques montagnes de terre et de roches entreposées à proximité des résidences » avec lesquelles le voisinage doit composer depuis le printemps.

Le texte de la pétition relève également « la poussière en suspension dans l’air […] pouvant causer de graves problèmes de santé comme des lésions pulmonaires et respiratoires » de même que « la pollution sonore et des odeurs 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, causant des troubles de sommeil, du stress, des pertes auditives et des maladies cardiovasculaires » générées par les travaux.

Toujours selon les pétitionnaires du quartier Jolibourg, dans Sainte-Dorothée, ces travaux, et la circulation de véhicules lourds qui en découle, entraînent la fermeture de chemins piétonniers, empêchent un accès sécuritaire aux écoles, garderies et services du secteur, rendent la mobilité active dangereuse et l’accès au quartier et aux parcs difficile en plus de provoquer des bris de service sans préavis, tel l’accès à l’eau potable, au câble et à internet.

Enfin, la coupe de « nombreux arbres matures essentiels à la santé » y est aussi mentionnée.

On se rappellera qu’au printemps 2020, le déboisement en règle en bordure de l’avenue des Bois avait suscité une première pétition signée par 640 personnes, demandant notamment au gouvernement Legault d’évaluer les dégâts environnementaux découlant des mesures d’atténuation pour pallier l’impact des travaux du REM.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Selon le plus récent échéancier rendu public par le bureau de projet du REM, le segment complet jusqu’à Deux-Montagnes serait mis en service à l’automne 2024.

Métro léger de 26 stations sur un parcours de 67 kilomètres reliant le centre-ville, l’aéroport et la région métropolitaine de Montréal, le Réseau express métropolitain est le plus important projet de transport collectif en chantier au Québec depuis le métro de Montréal, inauguré en 1966.