Un nouveau centre de services pour les jeunes itinérants voit le jour dans Montréal-Nord, après une longue attente.

Suzanne Colpron
Suzanne Colpron La Presse

L’inauguration, initialement prévue en 2020, a eu lieu lundi matin dans le local de la Mission Bon Accueil, boulevard Henri-Bourassa Est, en présence d’employés, de collaborateurs et d’élus, dont la mairesse de l’arrondissement, Christine Black. « En mars 2020, il y a eu petit bémol, a rappelé le PDG de l’organisme, Samuel Watts. Quelque chose qui s’appelle la COVID-19. »

À cette nouvelle adresse, la Mission Bon Accueil compte accueillir de jeunes hommes de 15 à 25 ans et de jeunes femmes de 15 à 30 ans en situation de précarité : des décrocheurs, des nouveaux parents et des jeunes en recherche d’emploi.

« Avec la réalité de la pandémie et certaines autres réalités économiques, il y a des familles dans l’arrondissement qui sont en précarité. C’est pourquoi on est ici », a expliqué M. Watts.

Ce nouveau centre, le seul du genre pour la Mission Bon Accueil, se trouve au premier étage du Marché Bon Accueil, une épicerie gratuite ouverte en 2019 où les gens peuvent choisir les aliments qu’ils aiment parmi les produits offerts : sacs de riz, biscuits, conserves, etc.

En plus des repas gratuits, le nouveau centre va offrir du soutien individuel, des ateliers, des programmes, des stages, des vêtements et des logements de transition pour les mères célibataires.

« On a un endroit pour les aider à comment préparer la nourriture, des ateliers pour les aider à être des parents. On a même une salle avec des vêtements s’ils veulent se préparer pour une entrevue. On a aussi des bureaux pour les accueillir un à un pour les aider à faire un CV, par exemple », détaille Emmanuel Lafontant, vice-président, Intervention et accompagnement à la Mission Bon Accueil.

« Une valeur ajoutée »

À sa première année d’existence, ce centre espère rejoindre une centaine de jeunes dans le besoin. Le local comprend une cuisine, un salon avec des sofas colorés, une salle de réunion et des bureaux ainsi qu’une pièce contenant des vêtements.

En tout, quatre travailleuses sociales, dont deux nouvellement embauchées, y travaillent.

Selon Christine Black, la Mission Bon Accueil, fondée il y a plus de 100 ans, apporte une expertise différente dans l’arrondissement, en plus de travailler de concert avec les autres organismes du quartier.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Christine Black, mairesse de Montréal-Nord

« C’est sûr qu’à Montréal-Nord, les enjeux sont fort importants et les besoins sont là, reconnaît la mairesse. En même temps, la Mission Bon Accueil apporte un regard différent par rapport à l’aide parce que cet organisme a aussi des ressources à l’externe. Ils ont une façon de faire aussi. C’est très complémentaire par rapport à ce qui était déjà sur le terrain. Ce que je salue, c’est qu’ils travaillent aussi en concertation avec les organismes qui sont implantés dans l’arrondissement. »

Avant de lancer ce projet, la Mission Bon Accueil a fait une étude pour analyser les services déjà offerts à la population de Montréal-Nord. « Ce qu’on remarque, c’est qu’au niveau de la réinsertion, il y a un défi, précise M. Lafontant. On est sur des tables de concertation. On ne veut pas dédoubler les services, mais être une valeur ajoutée. »

30 %

À Montréal-Nord, près d’un habitant sur trois a moins de 25 ans.

1892

Année où la Mission Bon Accueil est née à Montréal

Source : Mission Bon Accueil