Projet Montréal promet d’embellir et de sécuriser les abords de l’autoroute Métropolitaine afin de réduire les impacts négatifs de cette « cicatrice » qui doit bientôt faire l’objet de travaux de réfection majeurs par le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Publié le 2 nov. 2021
Nicolas Bérubé
Nicolas Bérubé La Presse

« Il y a beaucoup d’enfants qui passent sous l’autoroute pour aller à l’école, beaucoup de travailleurs aussi », dit Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de la Ville membre du comité exécutif et candidate de Projet Montréal à la mairie de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. « Pourtant, c’est très inconfortable comme endroit. C’est un monstre qui sépare nos quartiers, et il faut l’humaniser. »

Projet Montréal a ciblé cinq pôles majeurs d’intervention, dont les abords de la station de métro Crémazie, le pôle institutionnel Collège André-Grasset, le carrefour Papineau-parc Frédéric-Back, la Cité des arts du cirque et le corridor scolaire Saint-Michel (6e Avenue).

Parmi les interventions proposées, il est question de planter des arbres, d’améliorer l’éclairage, d’ajouter de l’art public, de faire un terrain sportif ou un skatepark, en plus d’ajuster les feux de circulation et de faire une meilleure signalisation aux abords de l’autoroute.

ILLUSTRATION FOURNIE PAR PROJET MONTRÉAL

Projet Montréal promet d’améliorer la sécurité des abords de l’autoroute 40 à Montréal.

« Quand je passe là à vélo avec mes enfants, je ne me sens pas en sécurité, j’ai peur, dit Mme Lavigne Lalonde. Il faut que cette infrastructure-là soit plus agréable et mieux pensée pour les gens qui vivent avec au quotidien. » À long terme, le parti veut faire pression pour que le ministère des Transports revoie plus en profondeur la configuration de l’autoroute Métropolitaine.

Beaucoup plus complexe

Le ministère des Transports a l’intention de prolonger de 25 ans la vie de l’autoroute surélevée en y faisant une réfection majeure qui ne prévoit pas de changements par rapport à sa configuration actuelle.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Enfants passant sous l’autoroute 40, sur le chemin de l’école

Pour Giuliana Fumagalli, mairesse sortante de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et membre du nouveau parti Quartiers Montréal, Québec devrait faire plus pour remédier aux torts causés par l’axe routier.

L’autoroute 40 est une cicatrice qui divise les quartiers de mon arrondissement, dénonce-t-elle. Ça n’a pas de sens qu’on reconstruise ce Goliath à l’identique, comme dans les années 1960.

Giuliana Fumagalli, mairesse sortante de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension

Sur le terrain et aux conseils d’arrondissement, la mairesse se fait constamment demander comment traverser l’autoroute 40 de manière sécuritaire à pied ou à vélo, dit-elle.

« Il nous faut un projet moderne, qui donne la place aux autres modes de transport, qui permet la circulation sécuritaire d’un bord à l’autre, et qui est végétalisé le plus possible. Et, pourquoi pas, un projet qui est beau ! Un coup de pinceau et un peu de couleur ! »

Guillaume Lavoie, candidat à la mairie de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension pour Ensemble Montréal, note que cette sortie est « un exemple flagrant » du manque de leadership de Projet Montréal.

« Alors qu’il ne participe à aucune discussion sur l’évolution des travaux de Québec pour la réfection de l’autoroute 40, Projet Montréal réagit comme un groupe de pression plutôt qu’être une réelle administration. De notre côté, Ensemble Montréal s’est engagé à réaménager et verdir les dessous de la Métropolitaine », a-t-il réagi.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Le corridor scolaire Saint-Michel passe sous l’autoroute.

Sarah Bensadoun, porte-parole du MTQ, explique que plusieurs options ont été analysées par le Ministère, qui a finalement choisi l’option de reconstruire à l’identique. « Plusieurs scénarios ont été écartés à cause de contraintes, l’une d’entre elles étant que cela nécessite de longues études de mobilité régionale, dit-elle. Pour s’écarter de ce qui est là actuellement, on parle d’un projet beaucoup plus long et beaucoup plus complexe, et il fallait quand même réagir rapidement. »

Albert Mondor, auteur, bachelier en biologie et l’un des cofondateurs de l’Alliance pour l’innovation dans les infrastructures urbaines de mobilité (ALLIIUM), a remis un avis au MTQ au début du mois d’octobre dans lequel plusieurs experts demandent au Ministère de corriger certains torts causés par l’autoroute.

« Le ministère des Transports est le ministère qui plante le plus d’arbres au Québec, dit-il. Ils ont une expertise, ils ont d’excellents biologistes. C’est dommage de voir que ce projet majeur ne profitera pas de leurs lumières. »

Travaux de réfection majeurs de l’autoroute Métropolitaine

Les travaux de réfection majeurs de l’autoroute Métropolitaine sont actuellement en phase de planification au MTQ. Les premières interventions seront réalisées sur le tronçon du secteur Est de l’autoroute, ce qui correspond à la partie surélevée de l’autoroute Métropolitaine située entre les boulevards Saint-Laurent et Provencher. L’échéancier des travaux n’a pas encore été annoncé. « Ces travaux risquent de provoquer du bruit, mais les interventions les plus bruyantes sont effectuées avant 0 h 30, note le MTQ. Le Ministère privilégiera par ailleurs la réalisation de certains travaux de jour ou en blitz de fins de semaine, pour éviter les nuisances nocturnes aux résidants du secteur. »