Le parti de la mairesse sortante Valérie Plante, Projet Montréal, s’engage à implanter dans un prochain mandat un « Métrobus » sur le boulevard Henri-Bourassa afin de diminuer la congestion sur cet axe très achalandé du nord de l’île. Des études techniques ont été lancées, mais les premières estimations pointent vers un coût de 60 millions.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Cette nouvelle option de transport, qui aurait une « fréquence comparable » à celle du métro, utiliserait les voies réservées qui sont déjà en place sans interruption, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. La formation compte relier ce réseau aux futures stations du Ruisseau et Montréal-Nord du Réseau express métropolitain (REM), au métro Henri-Bourassa et au Service rapide par bus (SRB) Pie-IX.

« Ici, sur Henri-Bourassa, on parle de 60 000 passages en transport collectif chaque jour. C’est le tronçon le plus achalandé de la STM. Pour vous donner une idée, c’est la moitié de l’achalandage prévu pour tout le REM de l’Est », a illustré mercredi le responsable de la mobilité au comité exécutif de la Ville, Eric Alan Caldwell. Il souligne que le coût du projet pourrait être d’environ « 6 millions du kilomètre », ce qui, en tenant compte des 10 kilomètres sur lesquels il s’étendrait, donnerait un coût estimé de 60 millions.

Similaire au SRB Pie-IX, le « Métrobus Henri-Bourassa » offrirait une fréquence de passage « rapide et fiable », dit le candidat dans le district d’Hochelaga. « Avec la demande ici, on peut penser qu’on n’attendra pas plus que deux minutes pour embarquer dans un autobus », a-t-il illustré.

Projet Montréal compte par ailleurs profiter des travaux qui seront effectués pour « réaménager » le boulevard Henri-Bourassa, en y faisant « plus de place » aux transports collectifs et au verdissement. Des passerelles d’embarquement pourraient notamment être construites en plein milieu du boulevard, avec des espaces verts. Les stations du Métrobus seraient également universellement accessibles, avec un système prépaiement avant l’embarquement.

Trois arrondissements concernés

Ce sont surtout les secteurs de Montréal-Nord, d’Ahuntsic-Cartierville et de Saint-Laurent qui profiteraient de l’implantation du Métrobus. « Quand on regarde le trafic sur Henri-Bourassa, on comprend tout de suite que les besoins sont énormes », affirme le candidat à la mairie de Montréal-Nord, Will Prosper, qui déplore que pour beaucoup de jeunes, la durée de transport vers le centre-ville « peut créer beaucoup de décrochage scolaire », entre autres.

« Pour nous, Henri-Bourassa, c’est une cicatrice. C’est un stress qu’on vit à chaque fois pour traverser la rue. On parle de huit voies pour automobiles, donc vous voyez à quel point on peut faire mieux », a aussi soulevé la candidate à la mairie d’Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier.

Elle affirme qu’il en sera « un gros plus » pour ses concitoyens « de pouvoir aller d’est en ouest, sur la même ligne d’autobus ». « Avec ce projet-là, on donne accès au REM à toute notre population de manière très rapide. » « Quand on augmente le service en transport collectif, c’est tout le monde qui en bénéficie. Ça veut aussi dire plus de temps de qualité pour les familles monoparentales », a aussi rappelé Will Prosper. Avec le candidat à la mairie de Saint-Laurent, Blaise Guillotte, les candidats ont distribué des tracts toute la matinée aux usagers qui transitaient par le terminus Henri-Bourassa.

Appelée à réagir mercredi, la mairesse sortante de Montréal-Nord Christine Black, qui se représente avec l’équipe de Denis Coderre, a indiqué que le développement du transport collectif « doit se faire avec des études à l’appui pour s’assurer de réellement améliorer la mobilité ».

« Projet Montréal a recyclé une annonce faite par la STM en août dernier où il a été expliqué que ce projet était à l’étape de l’étude préliminaire. Pour cette raison, la STM a refusé de s’engager sur la finalité du projet, ignorant si les conditions de réussite sont présentes. Projet Montréal doit plus de rigueur et de transparence aux citoyens. Alors que les citoyens de Montréal-Nord ont attendu une ligne rose qui ne verra vraisemblablement jamais le jour, on est en droit d’être sceptique devant cette promesse », a-t-elle fustigé.