Denis Coderre veut donner plus d’autonomie aux sociétés de développement commercial (SDC) pour animer les grandes artères. Il s’est engagé mardi à mettre à leur disposition un fonds de 50 millions s’il est élu, et à leur permettre d’acquérir des locaux.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ce qu’on veut, ce sont des quartiers enrichissants qui offrent une qualité de vie unique. Il y a des défis moins visibles que l’achalandage qu’il faut prendre en compte », a martelé M. Coderre lors d’une mêlée de presse tenue sur la Plaza Saint-Hubert, en début de journée.

Pour s’attaquer aux enjeux de sécurité, de propreté et de « cohabitation avec les populations itinérantes », notamment, Ensemble Montréal propose un fonds dédié de 50 millions aux SDC. Un nouveau programme PRAM-Culture verrait aussi le jour pour redonner un peu « d’amour » à certaines artères « devenues carrément désertes », a indiqué la conseillère sortante du district de Bordeaux-Cartierville, Effie Giannou.

Le parti veut aussi « transformer les commerces vacants en incubateurs d’entreprises » en autorisant les sociétés de développer à acquérir elles-mêmes des locaux, au besoin pour « permettre entrepreneurs de tester le marché en offrant du même coup une offre variée et évolutive à la clientèle ».

« Au fond, ce n’est pas une formule fixe qu’il faut regarder, mais on pourrait peut-être penser une approche de base locative. Ça prend une discussion avec toutes les SDC pour établir la méthode qui leur conviendrait », a précisé à ce sujet le candidat pour Ensemble dans le district de François-Perrault et ex-directeur général de la Plaza Saint-Hubert, Mike Parente.

Ce dernier promet de mettre sur pied un « Observatoire du commerce » afin de « récolter des données continues sur les habitudes de consommation des Montréalais ». « Ce qu’on mesure, on peut le contrôler », a indiqué M. Coderre à ce sujet, en promettant que l’organisme ne créerait pas « plus de bureaucratie, mais bien une stratégie fédératrice » pour aider les SDC à « identifier les meilleures pratiques ».

Secteur privé et relance

Plus tôt, mardi, les promoteurs Devimco Immobilier et le Groupe Mach ont demandé « au prochain maire de Montréal » d’impliquer le secteur privé dans ses projets de relance économique, dans une déclaration commune envoyée aux médias.

« Nous demandons à être considérés comme de véritables partenaires en mesure de contribuer à la relance de la Ville de Montréal. Il faut cesser de voir le secteur privé comme un problème. Nous avons les ressources nécessaires pour notamment participer à la décontamination des sols, restaurer le patrimoine, aménager des parcs ou améliorer les réseaux de transport collectif », ont en effet écrit Serge Goulet et Vincent Chiara, qui sont les présidents de Devimco Immobilier et du Groupe Mach.

Denis Coderre leur a répondu mardi que « le secteur privé fera partie de la décision » sous son administration, en accusant au passage Valérie Plante de créer des « comités bidon » avec le milieu des affaires sans jamais le consulter « sauf pendant une élection ».

« Cette pandémie fait en sorte qu’on a du monde qui quitte la Ville », a renchéri M. Coderre, en insistant sur le fait que le secteur privé peut être partenaire de choix pour s’attaquer aux problèmes de congestion et de multiplication des chantiers routiers, entre autres.

« Les promoteurs sont partie prenante du développement de la Ville », a aussi affirmé mardi la mairesse sortante, Valérie Plante, en indiquant avoir mis sur pied une « cellule facilitatrice » dirigée par l’Institut du développement urbain (IDU). Elle s’est d’ailleurs dite « fière » de projets de redéveloppement comme celui de la brasserie Molson, qui montrent selon elle qu’il est possible de développer de manière intelligente, de concert avec les promoteurs immobiliers.