La mairesse sortante de Montréal, Valérie Plante, espère pouvoir offrir des terrasses chauffées à « tous les arrondissements qui le souhaitent » d’ici l’automne prochain. Elle compte tirer des leçons des trois projets-pilotes qui auront lieu cet hiver, afin que les équipements requis « ne soient pas des générateurs de GES ».

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Trois secteurs feront en effet l’objet d’un premier essai cet hiver tel que prévu dans la plateforme de Projet Montréal : d’abord dans Ville-Marie, soit le Quartier latin entre Maisonneuve et Ontario et la rue Sainte-Catherine devant le Complexe Desjardins, puis dans Le Plateau-Mont-Royal.

« Dans le cas des terrasses, il y a le domaine privé et le domaine public. C’est pour ça que dans Ville-Marie, on va essayer les deux modèles », a soulevé Mme Plante lundi, en affirmant que la question du déneigement est aussi importante. « On veut soutenir les commerçants, mais il ne faut pas non plus mettre à mal les opérations de déneigement », a-t-elle dit.

Si tout fonctionne bien, « mon souhait est que dès l’automne prochain, en fonction de ce qui va ressortir au niveau du déneigement et du chauffage notamment, on puisse étendre cela à tous les arrondissements qui le souhaitent », a aussi indiqué la cheffe de Projet Montréal.

Questionnée à savoir quels seront les impacts écologiques d’une telle mesure, la mairesse est restée prudente, indiquant simplement souhaiter « que les équipements ne soient pas des générateurs de GES ». « Il faut pouvoir adapter la réalité à la situation climatique », a-t-elle jugé, en disant vouloir évaluer les coûts et la manière avec laquelle la Ville pourrait accompagner les propriétaires privés dans le processus. « Les changements climatiques font en sorte qu’on n’a plus les hivers d’antan », a-t-elle aussi reconnu.

En septembre, Mme Plante et son adversaire, Denis Coderre, avaient tous deux reconnu lors d’un débat que Montréal pourrait imiter une ville comme Stockholm en installant des terrasses chauffées pendant l’hiver. « Assumer sa nordicité, c’est une bonne chose. C’est aussi de donner des outils supplémentaires aux restaurateurs qui vont pouvoir aussi avoir une saison qui peut s’allonger », avait alors soutenu M. Coderre, en disant songer à remettre sur le tapis son idée de trottoirs chauffants pour faciliter le déneigement.

Un hiver attrayant

Projet Montréal s’engage par ailleurs à « augmenter dès cet hiver le réseau de sentiers dans les parcs locaux de la ville, pour y pratiquer la randonnée hivernale » ainsi qu’à mieux équiper les parcs de la ville pour le plein air. Quatre canons à neige seraient notamment installés dans différents parcs, pendant que la location de matériel sportif serait gratuite pour les 17 ans et moins au mont Royal et au parc Jean-Drapeau.

Montréal est l’une des villes les plus festives l’été. On souhaite faire en sorte qu’elle soit aussi l’une des plus festives au monde l’hiver.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Le parti mettrait aussi sur pied deux nouvelles pistes de ski de fond « pour répondre à la montée en popularité de ce sport » dès l’hiver prochain. Une de 3,5 km serait aménagée au parc Frédéric-Back, tandis qu’une autre de 4 km serait ouverte au parc de la Traversée, dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Un nouveau sentier de glace « sur plusieurs kilomètres » verrait le jour dans le Parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, dans Pointe-aux-Trembles, où les Montréalais pourraient « patiner dans la forêt d’ici la fin du prochain mandat ».

Le parc Jean-Drapeau, enfin, aurait une pente de ski urbaine accessible à tous, dans le but d’en faire une « destination de plein air hivernal ».