Le retour du baseball s’invite à nouveau dans la campagne municipale montréalaise, alors que le projet de garde partagée des Rays entre Tampa Bay et Montréal franchit de nouvelles étapes.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

Valérie Plante et Denis Coderre se sont montrés prudents lundi, réitérant leur ouverture au projet, mais pas à n’importe quel prix.

« Enthousiaste. » C’est ainsi que s’est décrite lundi la mairesse sortante quant à la venue possible d’une équipe de baseball à Montréal. Le tout survient alors que les Rays de Tampa Bay ont annoncé plus tôt qu’une bannière faisant la promotion du projet de garde partagée avec Montréal serait affichée au Tropicana Field durant les prochaines séries éliminatoires, dans le but de rendre l’initiative plus « visible ».

« Moi, j’ai toujours été claire sur la question du baseball, contrairement à M. Coderre, qui change d’idée », a-t-elle insisté en marge d’une conférence de presse.

On est une ville de baseball, ça, c’est sûr. Mais il n’est pas question de mettre l’argent des contribuables dans la construction d’un stade.

Valérie Plante, mairesse sortante de Montréal

La cheffe de Projet Montréal a d’ailleurs confirmé qu’elle s’était entretenue avec Stephen Bronfman, le principal promoteur du projet, pour discuter de l’implantation d’un futur stade au bassin Peel.

Elle dit lui avoir fait valoir qu’un futur stade de baseball devrait être intégré à son milieu et, surtout, ne pas ressembler à « un ovni tombé dans un champ de patates ». « J’ai vu la maquette. C’était bien, nous avons eu une discussion sur ce qui doit être pris en considération, une discussion ouverte », a-t-elle dit en anglais.

« Le stade serait dans un quartier dense où habite une communauté forte, donc tout doit être étudié avec ces éléments en tête et avec une priorité donnée à la consultation de la population. »

« Syndrome des Nordiques »

Denis Coderre, lui, dit prendre plusieurs éléments en considération.

« On n’aura pas le syndrome des Nordiques de Québec. On peut parler de baseball à tous les jours, mais la réalité, c’est qu’il y a présentement des négociations avec M. Bronfman et son groupe », a-t-il dit, en laissant entendre qu’il ne servait à rien de spéculer tant que des ententes n’étaient pas signées.

« Je vois ça d’un bon œil », a-t-il toutefois avoué quant à une possible garde partagée. « Qu’on le fasse dans un contexte de développement, c’est correct. […] D’avoir des stratégies et que ça vienne du secteur privé, ce n’est pas un problème. Mais il faut que les choses se fassent correctement », a-t-il encore renchéri.

M. Coderre affirme que le baseball n’est pas une priorité pour lui présentement.

« Les gens ne veulent pas entendre parler de baseball, ne veulent pas se demander si on veut un stade ou pas. Ils veulent savoir comment ils vont travailler demain matin, et s’ils seront capables de s’en sortir », a-t-il dit en référence à la pandémie.

On traversera le pont quand on arrivera à la rivière. Ceux qui veulent développer le feront, mais dans la mesure où toutes les conditions sont rassemblées.

Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal

Samedi, Le Journal de Montréal rapportait qu’aucune annonce ne serait faite sur l’avenir du baseball à Montréal avant le 7 novembre, soit le jour où les Montréalais seront appelés aux urnes.

Dans un communiqué diffusé lundi, la Fédération canadienne des contribuables (FCC) a de son côté demandé au ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, « de faire preuve de transparence quant aux coûts du projet de stade de baseball ».

« Chaque sou que Fitzgibbon donnera à M. Bronfman sort d’abord des poches des Québécois et Québécoises, et les contribuables ne peuvent pas se permettre de verser des centaines de millions de dollars pour un stade qui ne sera utilisé qu’à temps partiel », a martelé le directeur québécois de la FCC, Renaud Brossard.