Plusieurs évènements impliquant des coups de feu et des armes blanches ont eu lieu dans la région métropolitaine le week-end dernier. L’ampleur de la flambée de violence à Montréal inquiète François Doré, ancien policier de la Sûreté du Québec.

Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

« On voit que l’utilisation des armes à feu, surtout les armes de poing, est de plus en plus présente dans notre vie à Montréal, souligne François Doré, ex-policier de la Sûreté du Québec (SQ). C’est inquiétant. » Selon ce dernier, le nombre d’évènements violents a grimpé cette année dans la région. Ils ne se limitent plus à certains quartiers et « surviennent partout ». « Il va falloir faire quelque chose », dit-il.

Le week-end dernier a débuté avec des coups de feu tirés à Saint-Léonard, vendredi soir. Samedi matin, une maison de Dollard-des-Ormeaux a été visée par des tirs. Des coups de feu ont ensuite retenti dans la nuit de samedi à dimanche dans le quartier Parc-Extension, laissant des impacts de balles sur la vitrine d’un commerce fermé.

Dimanche vers 4 h 30, deux véhicules ont été criblés de balles dans le quartier Saint-Michel. En fin d’après-midi, trois personnes ont été poignardées dans le quartier Côte-des-Neiges. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a indiqué qu’on ne craignait pas pour leur vie. Le suspect, âgé de 53 ans, n’a pas encore comparu, puisqu’il se trouve toujours à l’hôpital en raison de blessures.

Plus tard dimanche, un homme aurait été blessé par balle dans le stationnement d’un centre commercial d’Ahuntsic-Cartierville, à la suite d’un conflit qui aurait dégénéré. Connue des policiers, la victime a été transportée à l’hôpital, mais était « hors de danger ».

Selon François Doré, la facilité d’importer des armes à feu explique en partie la flambée de violence actuelle. Mais il pointe aussi la banalisation de ces armes. « Il y a une reprise de la vie dans les rues, soutient-il. Certaines personnes veulent contrôler des secteurs et s’affirmer. Ils ont trouvé le moyen de le faire avec des armes. »

« Travail collectif » à faire

La solution pour enrayer la violence « n’est pas que policière », précise toutefois François Doré. « Le problème est aussi gouvernemental, au niveau de la limitation de l’acquisition et de la possession [des armes] », estime-t-il. Les mesures sociales ont aussi un rôle important à jouer. « C’est un travail collectif qu’on a à faire », conclut-il.

S’il salue le travail de l’escouade de lutte contre le trafic d’armes (ELTA) du SPVM, M. Doré se demande s’il faudrait « aller plus loin ». « Sommes-nous rendus à mettre plusieurs services de police ensemble pour faire un Carcajou 2.0 ? », se demande-t-il. Mise sur pied dans les années 1990 pour lutter contre le crime organisé, l’escouade Carcajou regroupait des enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada, de la SQ et de plusieurs corps de police municipaux.