Des milliers de personnes ont manifesté samedi après-midi à Montréal pour protester contre les mesures pandémiques, dont l’urgence sanitaire et la liberté vaccinale. Depuis la place Émilie Gamelin, la foule s’est déplacée sur plusieurs kilomètres, passant par les rues Ontario, De Lorimier et Sherbrooke.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

Les pancartes, les tambours, les trompettes et les drapeaux du Québec étaient nombreux dans la foule qui se déplaçait dans les rues de la métropole samedi après-midi. Des personnes de tous âges y étaient pour exprimer leur mécontentement face aux mesures sanitaires en place.

Anne-Marie Fichaud, préposée alimentaire à Joliette, a dénoncé la vaccination obligatoire chez les travailleurs de la santé. « Je ne suis pas considérée dans un milieu à risque, parce qu’on n’est pas en contact avec les patients. Mais même si on ne voit pas de patients et que je donne mon 100 %, je vais perdre mon emploi. Je ne peux pas aider mon prochain », a-t-elle lancé.

Nommée « Marche de la Résistance Pacifique », cette manifestation contre les règles sanitaires a été organisée par Mel Goyer, une figure bien connue du milieu complotiste québécois.

Les participants s’étaient rassemblés dans la métropole notamment pour demander la fin immédiate de l’état d’urgence sanitaire, la liberté vaccinale, l’abandon du passeport vaccinal et une enquête indépendante sur la gestion de la crise.

« Pendant les premiers mois [de la pandémie], tout le monde était effrayé. Les mesures étaient probablement justifiées », a affirmé Ève Lavoie. Mais la situation a changé, a-t-elle indiqué. La résidante de Trois-Rivières trouve désormais les mesures excessives.

« Je ne trouve pas ça normal de masquer mon enfant tous les matins. Il me demande pourquoi et je ne peux même pas lui répondre », a indiqué la mère de trois enfants.

PHOTO ANDREJ IVANOV, COLLABORATION SPÉCIALE

Nommée « Marche de la Résistance Pacifique », cette manifestation contre les règles sanitaires a été organisée par Mel Goyer, une figure bien connue du milieu complotiste québécois.

Linda Lapointe est venue de Québec pour manifester contre le passeport vaccinal. « Je ne trouve pas que c’est justifié le passeport vaccinal dans les restaurants et les cinémas. » La femme déplore qu’il n’y ait pas eu de débats avant d’instaurer cette mesure.

Mme Lapointe n’est pas vaccinée, puisqu’elle ne veut pas recevoir les vaccins disponibles actuellement. Elle préfère attendre la sortie du vaccin de Médicago, conçu au Québec. « Je veux un vaccin traditionnel. Je ne veux pas de vaccin à ARN, ni AstraZeneca, car c’est une nouvelle technologie », indique-t-elle.

« Pas anti-vaccin »

Yanique St-Denis dénonce l’absence de débat public, avant l’instauration du passeport vaccinal. « À chaque fois que Legault prend des décisions sans nous consulter, on perd des droits », a-t-elle affirmé.

Mme St-Denis, ne se pas considère pas comme anti-vaccin. « On se considère seulement prudent. On a tous nos vaccins, sauf celui-là », a-t-elle indiqué. Elle juge que les vaccins contre la COVID-19 ont été développés trop rapidement.

Annik Jutras est du même avis. « Je ne suis pas anti-vaccin. Ce vaccin-là, c’est une expérience. Je suis en santé. Pourquoi je vais prendre quelque chose qui va me rendre malade », a-t-elle indiqué.

Dans la foule, des manifestants scandaient des slogans revendiquant « plus de liberté ». Certains criaient des insultes au premier ministre du Québec, François Legault, tandis que d’autres participants, portant des chandails sur lequel était inscrit « Câlins gratuits », offraient des accolades à ceux qui le désiraient.

La porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Véronique Comtois, a soutenu en milieu d’après-midi qu’aucun débordement n’est survenu jusqu’ici, et que la marche se déroulait « bien ».

Des dizaines de voitures ainsi que de patrouilleurs à vélo et à pied ont été déployés sur les lieux de la manifestation, par mesure de sécurité.

À 14 h samedi, plus de 7000 personnes avaient indiqué leur intérêt de participer à la manifestation, sur l’évènement Facebook.