Des centaines de Montréalais sont descendus dans la rue afin de réclamer des actions auprès de la communauté internationale pour ceux qui sont « pris en otage » en Afghanistan.

Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

Vers midi, la foule réunie au square Dorchester était presque silencieuse, avant que ne s’ébranle la marche organisée par le Mouvement mondial pour la paix en Afghanistan. Entre les drapeaux afghans qui flottaient, on pouvait lire sur les pancartes des messages comme « Dehors les talibans » et « Arrêtez de tuer les Afghans ».

« Ouvrez vos yeux, ouvrez vos oreilles. Ne voyez-vous pas toutes les larmes ? », répétait la foule en chœur, en marchant sur le boulevard René-Lévesque en direction du square Victoria. Des conducteurs de voitures ont manifesté leur appui en faisant retentir leurs klaxons.

Cette marche s’est déroulée deux jours après qu’un attentat revendiqué par l’État islamique – Province du Khorasan (EI-PK) eut fait au moins 170 morts à Kaboul. Le 31 août marquera la fin du retrait des soldats américains au pays, après plus de 20 ans de conflit.

« Où est le monde ? »

En arrivant au square Dorchester, Nila Javad peinait à trouver les mots pour parler du pays où se trouvent encore de nombreux membres de sa famille. « Il y a beaucoup de choses qui me dérangent », a-t-elle soufflé, les larmes aux yeux.

On veut que le monde défende les gens qui sont pris en otage en Afghanistan. Ce sont les femmes et les enfants qui paient.

Nila Javad

Pour cette Afghane d’origine, ouvrir la porte à l’immigration de ses compatriotes ne suffit pas. « On veut la paix pour notre pays, a-t-elle souligné. On vit la guerre depuis 40 ans, on est fatigués. »

Les « gens innocents » vivent des pressions inhumaines, a soutenu Khatira Rezaye, qui a pris part à l’organisation de l’évènement. « Il arrive tout ce malheur aux enfants et ils ne savent même pas pourquoi », a-t-elle lancé, ébranlée. La jeune femme a déploré que toute la famille de sa mère se trouve encore au pays. « Ils sont en train de revivre le cauchemar d’il y a des années », a dit la jeune femme, au sujet de la première prise de pouvoir par les talibans dans les années 1990.

Un peu plus loin dans la foule, Rasuli Abdul Aziz a exprimé son indignation. « Où est le monde ? s’est-il interrogé. Qui aide les Afghans ? Personne ne bouge. » Portant un foulard aux couleurs de l’Afghanistan, l’homme s’inquiétait pour les membres de sa famille qui sont plus d’une trentaine là-bas. « Je cherche partout, j’appelle partout et il n’y a personne pour m’aider », a-t-il lancé.

À son avis, ce qui arrive en Afghanistan concerne la communauté internationale et ceux qui se sont impliqués dans le conflit au cours des années.

Les Américains sont entrés et sont sortis, et ils ont créé un autre problème.

Rasuli Abdul Aziz, à propos de la situation actuelle

Samedi matin à Kaboul, plus de 5000 personnes étaient réfugiées dans l’enceinte de l’aéroport de la capitale, dans l’attente de leur vol pour fuir le régime taliban. Plus tôt cette semaine, le Canada a mis un terme à son opération d’évacuation, durant laquelle 3700 personnes ont pu quitter l’Afghanistan.

Avec l’Agence France-Presse

PHOTO TOM BRENNER, REUTERS

Manifestants devant le Capitole, à Washington, samedi

Un 28 août pour l’Afghanistan

Au Canada, des manifestations comme celle de Montréal ont eu lieu samedi à Vancouver, Toronto, Ottawa et Calgary. Plusieurs villes américaines comme Washington, Chicago, New York et Boston ont tenu des évènements semblables. Ailleurs dans le monde, Amsterdam, Paris, Berlin et Londres font partie des lieux où on a manifesté pour réclamer la paix pour les Afghans.