La mairesse de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), Sue Montgomery, a convaincu la Cour supérieure de lever sa suspension de quatre mois, ce qui lui donne un sursis en attendant qu’un juge puisse se pencher sur son recours contre la décision de la Commission municipale du Québec (CMQ).

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Mme Montgomery demeure donc mairesse de CDN-NDG pour le moment.

« En l’absence de sursis, Mme Montgomery subira[it] manifestement de graves inconvénients, tant personnellement qu’en qualité d’élue », a souligné le juge Mark Phillips, dans une décision rendue mercredi, qui lève sa suspension jusqu’au 5 octobre prochain. Le juge souligne qu’il s’agit d’une mesure « exceptionnelle ».

Lundi, la CMQ avait suspendu l’élue pour 120 jours – jusqu’à la fin de son mandat comme mairesse – en raison de 11 manquements à l’éthique, entre autres parce qu’elle n’avait pas su maintenir un climat de travail « exempt de harcèlement » parmi les employés de son arrondissement, s’était livrée à une lutte de pouvoir et avait manqué de respect envers le directeur d’arrondissement et des employés de la Ville, a notamment conclu la CMQ.

« Parti pris »

Mardi, la mairesse d’arrondissement a contesté cette suspension devant la Cour supérieure. Son avocat, Eric Oliver, a plaidé que la CMQ et la Ville de Montréal avaient un « parti pris » et que les droits de Sue Montgomery avaient été bafoués. Selon lui, un jugement rendu en décembre dernier en faveur de l’élue démontre qu’elle n’est pas responsable du climat de travail toxique.

Il a dit chercher à « racheter la réputation » de Mme Montgomery.

La mairesse de CDN-NDG conteste depuis le début la décision de la CMQ, qui l’a déclarée coupable de 11 manquements déontologiques le 28 juin dernier.

Dans sa décision sur la sanction de 120 jours imposée à Mme Montgomery, le juge Roy disait avoir constaté « chez la mairesse une absence totale de remords ainsi qu’un comportement de déni qui ont été tels que l’application des règles du Code d’éthique ont été sérieusement bafouées au détriment de personnes vulnérables et au désavantage d’un climat de travail harmonieux, respectueux et exempt de harcèlement de quelque sorte ».

D’abord élue sous la bannière de Projet Montréal, Sue Montgomery a été expulsée du parti de la mairesse Valérie Plante il y a deux ans. En prévision des élections de novembre prochain, elle a fondé son propre parti, Courage – Équipe Sue Montgomery.

Jusqu’ici, le feuilleton entre la Ville et Sue Montgomery a coûté quelque 600 000 $ en frais judiciaires aux contribuables.

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Lionel Perez, qui est aussi candidat à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce pour Ensemble Montréal aux élections du 7 novembre, a dit respecter la décision du tribunal. Il a toutefois ajouté être « préoccupé pour les citoyens de l’arrondissement, qui devront continuer de payer le prix de la guerre interne [de Mme Montgomery] avec Projet Montréal et d’écoper d’un climat d’instabilité qui se perpétue depuis plus de deux ans ».

« Les résidants pourront compter sur moi pour les mettre au cœur des priorités d’abord et avant tout, et les servir ainsi que les représenter comme ils le méritent », a-t-il ajouté.