Après Guy Nantel l’an dernier dans la course à la direction du Parti québécois, un autre humoriste veut faire le saut en politique, mais cette fois sur la scène municipale. Sylvain Larocque annoncera samedi qu’il se porte candidat comme conseiller dans le district Saint-Charles à Longueuil, avec l’équipe de Catherine Fournier.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Je me suis rendu compte durant la pandémie que ma vie était strictement composée de mon travail, et que j’avais du temps à donner. J’ai commencé à m’impliquer ici et là, notamment avec le parti de Catherine. C’est elle qui m’a demandé de me présenter. J’avoue y avoir réfléchi, mais j’ai conclu que je n’avais pas de raisons de ne pas tenter ma chance », explique l’humoriste en entrevue avec La Presse.

Il affirme que le parti auquel il se joint « réunit des gens de tous les backgrounds ». « Comme humoriste, j’ai fait le tour du Québec depuis 30 ans. J’ai été très en contact avec la population, j’ai appris à connaître les gens, qui se sont confiés à moi. On a souvent un niveau de communication très direct avec la population, donc je pense humblement avoir quelque chose à apporter au débat », soutient M. Larocque.

D’emblée, l’homme de 54 ans dit avoir des enjeux qui lui tiennent « beaucoup » à cœur. « Dans mon district, il y a toute la question du bruit causé par la route 132 qui revient souvent. Je pense qu’il y a lieu d’avoir un mur », avance-t-il, en réclamant un débat de fond sur la question.

« L’aspect culturel me touche particulièrement à Longueuil. Je pense qu’il y a moyen de développer la rue Saint-Charles pour qu’elle soit plus électrique, plus animée. J’ai été Montréalais pendant longtemps et depuis que je suis à Longueuil, je ne traverse plus le pont pour aller souper, parce que j’ai découvert plein de petits bijoux dans ma ville. Cet esprit de communauté s’est beaucoup développé pendant la crise », note-t-il.

Avec la pandémie, ce qu’il appelle le « sens de l’habitation et de la maison » a pris beaucoup d’importance, ce qui appelle selon l’auteur à « créer des environnements où les gens se sentent chez eux, avec une vie de quartier et culturelle bonifiée ».

Pas au provincial

S’il reconnaît que plusieurs personnes risquent de le comparer à Guy Nantel, qui s’est avoué vaincu l’an dernier à l’issue d’une longue course à la chefferie du Parti québécois remportée par Paul St-Pierre Plamondon, Sylvain Larocque tient à préciser qu’il ne marche pas dans ses traces.

« Dans le cas de Guy, c’était sur la scène provinciale. Moi, je n’irai pas là. J’ai besoin de me sentir un peu plus proche des gens, j’ai envie de travailler avec le monde d’une manière peut-être plus personnelle. Le municipal me rejoint donc beaucoup plus », lance-t-il lorsque questionné à ce sujet.

Celui que certains surnomment « le magicien des mots » affirme qu’il apprend « à tous les jours » sur sa ville depuis qu’il a commencé à s’impliquer en politique municipale. « L’expérience me permet aussi d’extrapoler sur autre chose et de créer des trucs assez intéressants. La vie politique va aussi venir alimenter mon humour je pense. Bref, les deux facettes vont se nourrir à quelque part », conclut-il.

Jointe à ce sujet, l’aspirante à la mairie, Catherine Fournier, décrit M. Larocque comme « un homme d’idées doté d’une grande empathie ». « Le district de Saint-Charles est le cœur culturel de Longueuil et de très nombreux artistes y vivent. Le fait de pouvoir compter sur un candidat amoureux de notre ville, de son quartier et bien au fait des réalités du milieu culturel est certainement un atout », a-t-elle dit.