Le Quartier chinois de Montréal est un « joyau et une source de fierté », et l’administration municipale a bien l’intention d’utiliser tous les outils à sa disposition pour protéger son caractère patrimonial, a assuré la mairesse Valérie Plante, en présentant un plan d’action de deux millions sur cinq ans pour la relance du secteur.

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

« Avec plus de 150 commerces qui emploient quelque 500 personnes, il est un incontournable de notre économie et de la vitalité de notre centre-ville, à plus forte raison en période de relance comme nous vivons présentement », a souligné Mme Plante en conférence de presse, vendredi.

Le Quartier chinois est aussi un pôle touristique important pour la métropole et pour le Québec. Bref, il était grand temps de le valoriser et de se donner les moyens de protéger son identité et sa vitalité.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Le secteur, qui jouxte le centre-ville et le Vieux-Montréal, a été durement frappé par la pandémie de COVID-19. Des commerces ont été désertés et d’autres ont subi du vandalisme, en raison de l’origine du virus.

Des citoyens et commerçants, craignant que le quartier ne perde son caractère avec l’achat de bâtiments et terrains vacants par des promoteurs immobiliers, se sont regroupés pour demander aux autorités de lui accorder un statut patrimonial, qui le protégerait contre le développement anarchique.

L’administration municipale affirme discuter de cette question au sein d’un comité mis en place avec le gouvernement du Québec.

« Mais la Ville peut agir sur certaines exigences architecturales », fait remarquer Robert Beaudry, responsable de la planification immobilière au sein du comité exécutif. « On peut agir sur toute la signature du quartier, l’affichage, les enseignes, on peut installer du mobilier urbain distinctif qui fait des rappels de la culture chinoise. »

La Ville de Montréal pourrait aussi décider d’acquérir certains terrains ou bâtiments dans le secteur, en utilisant son droit de préemption, notamment pour le développement du logement social, ajoute M. Beaudry.

Les commerçants seront aussi incités à se regrouper au sein d’une Société de développement commercial, ce qui n’existe pas pour le moment dans le Quartier chinois.

Commerçante ayant pris part à la mobilisation pour la relance du quartier, Eva Hu, propriétaire de l’enseigne de restaurants Le Coq frit, s’est montrée enthousiaste devant le plan d’action mis en place.

La pandémie a causé une onde de choc dans la communauté, a-t-elle souligné, mais c’est ce qui a provoqué la mobilisation de tous.

« Il y a de l’espoir pour l’avenir. La relance du quartier chinois est en route ! », a lancé Mme Hu.