Les architectes ont terminé de concevoir trois nouvelles écoles secondaires pour Montréal, a appris La Presse, des bâtiments qui seront parmi les premières « belles écoles » à sortir de terre.

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

Le terme est utilisé au cabinet du premier ministre pour désigner la nouvelle génération d’établissements scolaires, pensée pour servir d’héritage du gouvernement Legault, au même titre que les maisons des aînés.

À Québec, on espère que les « belles écoles » seront encore reconnaissables entre toutes dans 40 ou 50 ans.

Anjou, Montréal-Nord et le quartier Sainte-Geneviève, dans l’ouest de l’île, jouiront dans les prochaines années d’une nouvelle école secondaire de grande taille, dont nous avons obtenu en primeur les rendus architecturaux. Les façades sont majoritairement faites d’aluminium, percées d’une abondance de fenêtres.

Les images des espaces intérieurs montrent de nombreux éléments de bois. Toutes les façades comprennent une portion bleue, la signature du projet.

L’école secondaire de Sainte-Geneviève a été conçue par Provencher Roy et BBBL, tandis que celles d’Anjou et de Montréal-Nord sont signées par un consortium regroupant les firmes Un, Neuf et TLA.

« Ce qu’on a intégré, c’est d’abord de s’assurer que les élèves aient des places de socialisation, avec des atriums qui sont vraiment les cœurs de l’école », a expliqué Krystel Flamand, une architecte qui a travaillé à concevoir les lignes directrices de cette nouvelle génération d’écoles au sein du consortium formé par les firmes Lemay, Leclerc et Leclerc. « On s’assure que les gyms soient normés pour permettre la tenue d’évènements sportifs compétitifs. »

Le bois, préconisé pour la structure de bâtiments publics plus petits, peut difficilement être intégré à la structure de grandes écoles secondaires. Il sert toutefois à rehausser l’aspect visuel des écoles.

Trois nouveaux sites

Les trois nouvelles écoles montréalaises s’ajouteront à d’autres, prévues à Charlesbourg, Chambly et Mirabel, entre autres. Certaines ont déjà été annoncées dans les derniers mois.

La nouvelle école secondaire d’Anjou sera située au coin de l’avenue Émile-Legault et du chemin Roger-Rousseau, au bord de l’autoroute Métropolitaine, juste à l’ouest de la carrière Lafarge.

À Montréal-Nord, c’est un terrain voisin du cégep Marie-Victorin, angle Albert-Hudon et Maurice-Duplessis, qui a été retenu.

De l’autre côté de l’île, à Sainte-Geneviève, une nouvelle école secondaire sera bâtie sur le terrain qui sert actuellement de stationnement au cégep Gérald-Godin, boulevard Gouin Ouest.

Les lignes directrices ont été établies par l’équipe de Mme Flamand, mais « chaque concepteur peut prendre ces exigences-là et les façonner pour produire des projets différents qui s’intègrent à leur milieu le plus possible », a-t-elle expliqué.

Parmi les exigences : intégrer une grande stèle de 15 pieds de haut — bleue et fini bois — devant chaque nouvelle école secondaire. Si certains centres de services scolaires ont cru qu’ils devaient en ériger une devant chacune de leur école, une information erronément rapportée par La Presse lundi, le gouvernement a confirmé lundi qu’elles concernent seulement les nouvelles « belles écoles ».

De l’aluminium et du bleu

Cette nouvelle génération d’écoles avait été annoncée à l’hiver 2020, avant que la pandémie ne prenne l’avant-scène. C’est « un chantier de plus de 4 milliards », avait alors indiqué François Legault.

« Ce dont nous avons besoin, c’est une nouvelle génération d’écoles pour nos élèves, avait-il alors affirmé. En dévoilant cette nouvelle vision et en dotant le réseau scolaire des moyens nécessaires pour la déployer, nous amorçons un nouveau chapitre pour leur offrir le meilleur environnement possible, de même qu’à nos enseignants. »

Le premier ministre soulignait qu’il s’agirait « de plus beaux bâtiments avec du bois et de l’aluminium québécois », dotés de « plus de fenêtres » avec « de plus belles cours ».

Au-delà de leur visuel, les nouvelles écoles secondaires québécoises devront être construites selon des standards énergétiques élevés.

« On vise des écoles LEED Argent », a dit Mme Flamand. « Il y a beaucoup d’éléments de durabilité. On construit pour 75 ans », une norme élevée dans l’industrie de la construction de 2021, a poursuivi l’architecte. « Ça oblige des choix de systèmes constructifs plus permanents, plus durables, plutôt que de toujours choisir la solution la moins dispendieuse. On essaie de s’assurer de bien construire. »

En entrevue, Krystel Flamand a souligné que le gouvernement avait demandé de privilégier des matériaux représentatifs de l’industrie québécoise. Autre commande du gouvernement : intégrer la couleur bleue (teinte Pantone 293C, pour les spécialistes) dans les façades de toutes les écoles, ainsi que sur les enseignes.