La police de Montréal a déployé d’importants effectifs mardi soir au centre-ville, afin d’encadrer une manifestation contre le couvre-feu qui avait été annoncée sur les réseaux sociaux devant le Centre Eaton. Au final, seuls quelques rassemblements mineurs ont été observés.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

À peine quelques manifestants s’étaient en effet réunis mardi soir sur la rue Sainte-Catherine, devant le centre commercial. Au passage de La Presse, deux jeunes hommes qui s’y étaient présentés ont reçu des constats d’infraction de 1500 $. Un autre a aussi été interpellé non loin de là, pour non-respect de la loi.

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« Ce ticket va certainement être contesté, parce que je ne pense pas qu’il va tenir en Cour. J’ai des droits en tant que citoyen, dont le droit de mouvement. Je pense que c’est raisonnable. Publiquement, le couvre-feu ça a été dit que ça n’a pas été basé sur une étude scientifique », a tranché l’un d’eux, sans vouloir se nommer par crainte de représailles.

Plus tôt, un nouvel appel au rassemblement avait été lancé en ligne. « Venez profiter du soleil et restez après 8 h », avaient lancé certains internautes, en invitant les Montréalais à se présenter devant le centre Eaton. D’autres avaient prétendu que « plus de 5000 personnes » étaient attendues.

Un policier interrogé sur place, qui n’est pas autorisé à parler aux médias, a de son côté expliqué que la forte présence des policiers a « probablement dissuadé » plusieurs manifestants de se présenter. Selon lui, certains sont venus en véhicule, avant de quitter les lieux.

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En plus de patrouilleurs à vélo, en voiture et à pied, des agents du Groupe tactique d’intervention (GTI) du SPVM étaient sur place, signe que la police avait déployé tout son arsenal en cas de rassemblement majeur.

Rappelons que dimanche soir, les policiers avaient arrêté sept personnes et remis plus d’une centaine de contraventions au cours d’une manifestation en opposition au couvre-feu. Des feux d’artifice ont été lancés et plusieurs commerces ont été vandalisés à l’aide de panneaux de circulation. Le lendemain, lundi seuls une dizaine de manifestants se sont réunis en soirée sur la rue Sainte-Catherine près de l’avenue Peel à Montréal. Là encore, de nombreux policiers étaient présents, afin de disperser la foule.

Les évènements de dimanche « ne peuvent être tolérés », a vivement dénoncé lundi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Au lendemain du grabuge, les commerçants vandalisés, déjà durement touchés, constataient pour leur part avec désespoir l’étendue des dégâts.

« Le grabuge observé dans le Vieux-Montréal est absolument inacceptable. La fatigue liée à notre lutte contre la COVID-19 ne justifie en rien la destruction de biens publics et le non-respect des règles. Nous devons demeurer solidaires », avait quant à elle imploré la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Huit arrestations à Québec

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Une arrestation lors de la manifestation contre le couvre-feu devant les bureaux de la sécurité publique, sur le boulevard Laurier, à Québec

Le Service de Police de la Ville de Québec a procédé à l’arrestation de huit personnes mardi lors d’une manifestation contre le couvre-feu à Québec.

Quelques dizaines de personnes étaient réunies devant les bureaux du ministère de la Sécurité publique, sur le boulevard Laurier, au moment du couvre-feu.

« Les huit personnes arrêtées n’offraient aucune collaboration avec les policiers alors elles sont présentement détenues pour éviter la récidive », a indiqué le relationniste du Service de police de Québec (SPVQ) David Pelletier.

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Au total, les policiers ont remis 12 constats d’infraction pour non-respect du couvre-feu.

L’agent du SPVQ David Pelletier a tenu à rappeler que ceux qui veulent exercer leur droit de manifester, peuvent le faire avant le couvre-feu et en respectant les mesures sanitaires comme le port du masque et la distanciation physique de deux mètres.

À Québec, le couvre-feu est en vigueur à partir de 20 h.

Avec La Presse Canadienne