La mise à pied des intervenants sociaux de la halte-chaleur du Grand Quai du Vieux-Montréal par l’Accueil Bonneau était illégale, vient de trancher un arbitre du travail en annulant ces abolitions de postes.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

L’organisme communautaire avait supprimé les postes de 11 de ses employés en janvier dernier, au même moment où il embauchait des gardiens de sécurité supplémentaires.

La décision, rendue publique la semaine de la mort de l’itinérant innu Raphael André, avait déclenché une levée de boucliers. La halte-chaleur accueille les personnes sans abri dans un environnement qui respecte les règles sanitaires anti-COVID-19.

Étape omise

L’Accueil Bonneau avait l’obligation de discuter avec le syndicat des employés avant de procéder à des abolitions de postes. L’employeur a omis cette étape importante, estime l’arbitre Denis Nadeau.

« L’employeur est régi par une convention collective et des obligations, entre autres, quant à la question des abolitions de postes ou mises à pied, a écrit MNadeau dans sa décision publiée samedi. Or, j’estime que l’employeur a fait défaut de les respecter. »

L’arbitre a souligné qu’il ne se prononçait pas sur le fond de la question, mais uniquement sur le processus suivi.

MNadeau a ordonné la réintégration des employés mis à pied et le versement du salaire qu’ils n’ont pas pu toucher dans les trois derniers mois.

Le syndicat crie victoire

« On a gagné sur toute la ligne, s’est réjoui Jeff Begley, de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. On va espérer qu’il y ait des discussions de bonne foi. Le monde n’a eu aucune possibilité de réfléchir et de se demander s’il y a d’autres solutions. »

L’Accueil Bonneau n’a pas immédiatement rappelé La Presse dimanche. Devant l’arbitre du travail, l’organisme a plaidé qu’une rencontre préalable aux abolitions de postes aurait été inutile parce que l’ambiance de travail était tendue et que le syndicat aurait de toute façon refusé cette solution.