Un ancien président de la Jeune Chambre de commerce de Montréal tentera d’incarner une troisième voie entre Valérie Plante et Denis Coderre en s’appuyant sur ses contacts dans le milieu des affaires, a appris La Presse.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Ryan Hillier, un avocat de 34 ans, veut marcher dans les traces de Mélanie Joly, qui avait causé la surprise en 2013 en faisant une chaude lutte aux vedettes politiques déjà établies.

M. Hillier chevauchera d’ailleurs la même monture que Mme Joly : il souhaite devenir le chef de Vrai changement pour Montréal, la formation politique qu’elle s’était donnée pour monter à l’assaut de l’hôtel de ville, il y a huit ans. Le parti n’a plus aucun élu depuis 2017, mais constitue tout de même une base de lancement relativement solide, avec des militants, un budget et une structure administrative.

Joint par La Presse, le jeune professionnel a maintenu le suspense.

« Je suis touché par les encouragements que j’ai reçus à me porter candidat à la mairie de Montréal et c’est un privilège de voir mon nom circuler en lien avec une fonction aussi critique pour l’avenir de notre ville », a-t-il déclaré par courriel, avant d’expliquer que sa décision finale n’était pas arrêtée. Il a toutefois assuré à des proches qu’il tenterait sa chance, selon nos informations.

« Cela dit, une chose est sûre : les Montréalais et Montréalaises ont joué dans le film de Denis Coderre et de Valérie Plante, et ils en sont sortis déçus », a-t-il continué, passant à l’offensive.

Pour le bien de notre métropole, nous avons besoin d’une troisième voie forte et résolument tournée vers l’avenir pour assurer l’essor économique et social de Montréal à sa sortie de la pandémie mondiale que nous vivons présentement.

Ryan Hillier, avocat et fondateur du cabinet juridique Novalex

Justine McIntyre, cheffe intérimaire de Vrai changement pour Montréal, a confirmé que l’avocat lui avait fait connaître son intérêt. « Différentes personnes ont exprimé un intérêt. Ryan Hillier est l’une de ces personnes, a-t-elle dit en entrevue téléphonique. J’accueille favorablement ce type de profil. […] Il a une vision qui cadre bien avec la vision du parti. »

Elle a expliqué que Vrai changement pour Montréal tenait à des valeurs de centrisme et de concertation transpartisane, mais que le prochain chef pourrait décider des projets qui feraient l’objet de la campagne électorale de l’automne.

Il tutoyait Coderre

En se lançant en politique municipale, Ryan Hillier laissera de côté Novalex, le cabinet juridique qu’il a fondé après une carrière au sein des firmes McCarthy Tétrault et Blakes. Novalex, qui compte une vingtaine d’avocats, fournit une heure de services juridiques gratuits pour chaque heure facturée.

« J’ai embrassé la profession parce que je souhaitais avoir un impact social, participer aux changements de la société, mais dans les grands bureaux, c’est une quête sans fin de profits à tout prix », avait-il expliqué à La Presse en 2017.

Par ailleurs, il a dirigé la Jeune Chambre de commerce de Montréal en 2014-2015.

Il s’est déjà fait connaître du monde politique pour diverses implications : il a été candidat du Parti libéral du Canada sur la Rive-Sud en 2008, a créé l’organisme Corruption zéro au plus fort du scandale du financement politique illicite, en 2009, puis a participé au lancement de la Coalition avenir Québec.

Selon des proches, M. Hillier espère pouvoir compter sur l’appui des gens d’affaires opposés à la vision de Valérie Plante, trop axée sur la vie de quartier à leur goût, mais aussi déçus par l’attitude de Denis Coderre. Ce dernier n’a pas encore officialisé sa candidature à la mairie.

Le trentenaire connaît l’ex-maire de Montréal. « Nous avons siégé ensemble au comité aviseur de Michael Ignatieff au Québec », expliquait-il au journal Les Affaires en 2014, alors que M. Coderre commençait son mandat. Il confiait alors qu’il tutoyait M. Coderre, jusqu’à ce que celui-ci soit élu comme maire. Il l’a aussi rencontré aux évènements de la Fondation de l’Hôpital général juif, dont sa conjointe est directrice du développement et Denis Coderre, ambassadeur.