Nouveau revers pour la mairesse d’arrondissement Sue Montgomery : le tribunal a rejeté mardi sa demande d’injonction d’urgence pour forcer la Ville de Montréal à cesser de se mêler de ses affaires. La requête sera entendue sur le fond plus tard.

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

L’élue de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG) exigeait aussi d’avoir accès à des copies non caviardées de trois rapports du contrôleur général de Montréal, qui a conclu que sa cheffe de cabinet, Annalisa Harris, avait eu des comportements de harcèlement psychologique envers deux de ses employés, dont le directeur général de l’arrondissement, Stéphane Plante.

Mme Montgomery n’a eu accès qu’à un seul de ces trois rapports, et l’exemplaire était fortement caviardé.

Le juge Donald Bisson, de la Cour supérieure, a estimé que l’élue n’avait pas prouvé que cette affaire était urgente. Il lui a plutôt ordonné, de même qu’au contrôleur général, de fournir des déclarations sous serment d’ici à la fin d’avril en prévision de l’audience qui aura lieu en mai ou plus tard, en septembre.

Deux suspensions

La requête de 17 pages a été déposée en cour lundi, jour où on apprenait que le directeur général Stéphane Plante avait été suspendu sans solde pour une durée de 17 jours et que l’attachée de presse de la mairesse, Catherine Lavarenne, avait démissionné en raison du mauvais climat de travail.

Dans le document déposé en cour, on découvre que M. Plante a été suspendu à deux reprises pour « insubordination » parce qu’il a refusé de rencontrer la mairesse, « sous prétexte que la directrice de cabinet [Mme Harris] était présente dans la salle, de même que pour avoir incité d’autres cadres à refuser de la rencontrer ».

Depuis l’automne

Toute cette affaire, qui a valu à la mairesse de CDN-NDG d’être exclue du caucus de Projet Montréal le 24 janvier et de faire l’objet d’une plainte à la Commission municipale du Québec le 14 février, a commencé l’automne dernier.

Le 23 septembre, Sue Montgomery et sa directrice de cabinet Annalisa Harris ont rencontré le contrôleur général de la Ville et la directrice de la Division respect de la personne pour leur faire part de « reproches à l’égard du directeur de l’arrondissement », Stéphane Plante.

Mme Montgomery affirme avoir été témoin de plusieurs événements au cours de l’année 2019 qui l’ont amenée à se poser des questions sur la capacité de M. Plante à jouer son rôle.

À titre d’exemples, elle mentionne que « plusieurs salariés ou cadres de l’arrondissement quittent, se disant démotivés par la façon dont l’arrondissement est dirigé », que M. Plante omet de lui répondre par écrit, qu’il « intimide » sa directrice de cabinet et qu’il ment au sujet d’un contrat faussement accordé.

Selon Mme Montgomery, le contrôleur général Alain Bond devait mener une enquête à ce sujet. Mais le 6 décembre 2019, elle apprend que l’enquête portait plutôt sur les comportements de harcèlement psychologique de sa directrice de cabinet à l’égard de deux employés, dont le directeur général.

Sue Montgomery a toujours réfuté les conclusions du rapport du contrôleur général et refuse, encore à ce jour, d’en appliquer les conclusions, soit le congédiement de sa cheffe de cabinet.

Congé avec solde

Le 17 décembre, elle dit avoir téléphoné à l’autre employé qui aurait été harcelé par Mme Harris.

Cet employé ne s’est pas présenté au travail au retour des Fêtes. Le service des ressources humaines a informé la mairesse qu’il était en congé avec solde pour une durée indéterminée « suivant la décision du contrôleur général ».

Mme Montgomery estime que le contrôleur général n’avait pas le droit d’accorder un congé à un employé de son arrondissement.

« La mairesse de l’arrondissement détient seule le pouvoir de nommer ou de démettre les membres de son cabinet, en vertu de l’article 114.4 de la Loi sur les cités et villes », dit la requête.