Femmes autochtones, féminicides, avortement, violence conjugale : plus d’un millier de citoyens ont pris la rue dimanche après-midi au centre-ville de Montréal pour défendre les droits des femmes au Québec et à travers le monde en cette journée internationale des femmes.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« So, so, so. Solidarité avec les Wet’suwet’en ! », scandent des dizaines de manifestants. La cause autochtone a été au cœur de la marche annuelle du 8 mars cette année. Des centaines de personnes, mais principalement des femmes de tout âge, ont profité de la journée ensoleillée pour manifester pour les droits des femmes. Les politiciens québécois brillaient toutefois par leur absence.

Des pancartes brandies par des manifestantes évoquaient les nombreux enjeux féministes actuels : « Non au trafic d’être humain », « Nous les femmes ne sommes pas des marchandises », « Mon ex m’a dit qu’il m’aimait avant de me briser la main ».

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La cause autochtone a été au cœur de la marche annuelle du 8 mars cette année.

Colombienne d’origine, Diana tenait à prendre part à la marche pour défendre le droit à l’avortement.

Dans mon pays, il y a seulement trois causes pour se faire avorter. Il faut faire quelque chose ! Il ne faut rien tenir pour acquis. Ça m’interpelle que les femmes prennent ça pour acquis.

Diana

Geneviève réclame un meilleur respect du droit des femmes au Québec et à travers le monde. La jeune femme est notamment interpellée par la cause autochtone, mais s’inquiète également du manque de mobilisation au Québec. « En Argentine, il y a des manifestations énormes. On sent qu’il n’y a pas de grosse vague du mouvement féministe ici », dit-elle.

Chili, Mexique, Iran. Des groupes de femmes de nombreux pays marchaient en solidarité avec toutes ces femmes tuées ou emprisonnées dans leur pays natal. Pancarte à la main, Nima Machouf de l’Association des femmes iraniennes dénonçait la détention de militantes en Iran.

Beaucoup de femmes sont prisonnières politiques en Iran. Leurs conditions de détention sont pires que les hommes. Une environnementaliste a reçu huit ans de prison pour avoir remis en question la politique du gouvernement. Une mère a eu deux ans de prison pour avoir parlé contre le gouvernement.

Nima Machouf, de l’Association des femmes iraniennes

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« Je suis une rescapée d’une tentative de féminicide… Le juge ne m’a pas cru. Il a cru mon agresseur », lance Marion. La manifestante garde un souvenir amer de son expérience avec le système de justice et tenait à manifester pour dénoncer ce problème systémique.

« Il devrait y avoir une formation pour les juges, et pour les policiers. Les juges ne croient pas les femmes », soutient-elle. La manifestante réclame également d’investir dans les maisons d’hébergement pour les victimes de violence conjugale.

La violence verbale et l’intimidation contre les femmes interpellent particulièrement Janette. Elle s’insurge notamment de toutes les attaques lancées contre la jeune militante environnementaliste Greta Thunberg. Hermann, lui, marchait en solidarité pour une amie victime de raciste de la part de son employeur.