La méthode de collecte des matières recyclables doit être revue, affirme l’opposition officielle à la Ville de Montréal, dans la foulée de l’annonce de la possible fermeture des centres de tri du Groupe TIRU de la métropole ainsi que de Saguenay et Châteauguay.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

« Si c’est notre collecte sélective qui est l’une des sources de la problématique, peut-être qu’il faut remettre en question la collecte pêle-mêle », a déclaré le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement Francesco Miele, lors d’une mêlée de presse à l’Hôtel de Ville, jeudi.

« Il faut repenser tout » afin que les centres de tri puissent produire des matières contenant moins de contaminants et ayant, par le fait même, une meilleure valeur, affirme-t-il.

« On semble être pris en otage [par le] modèle d’affaires » des centres de tri, affirme M. Miele, qui dit ignorer si l’abandon de la collecte pêle-mêle est dans les plans du gouvernement québécois, qui doit annoncer sous peu sa réforme du système de gestion des matières recyclables.

L’opposition officielle demandera la tenue d’une séance plénière sur le sujet au conseil municipal de lundi.

Rencontre d’urgence

Une rencontre d’urgence est prévue vendredi entre le gouvernement québécois, Recyc-Québec, le Groupe TIRU et les municipalités desservies par ses centres de tri afin de trouver une solution au problème.

Entretemps, la Ville de Montréal s’active à trouver des « plans B, C, D », a déclaré la mairesse Valérie Plante, lors d’une mêlée de presse, affirmant avoir contacté d’autres exploitants de centres de tri pour s’enquérir de leur intérêt à prendre le relais du Groupe TIRU.

PHOTO PATRICK SANFACON, ARCHIVES LA PRESSE

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

« Pour nous, c’est hors de question qu’on aille vers l’enfouissement », a-t-elle déclaré, s’objectant aussi à ce que Montréal allonge davantage de fonds pour maintenir les activités des centres de tri.

En 2018, la Ville avait accordé 29 millions de dollars supplémentaires au Groupe TIRU pour éviter la fermeture du centre de tri Saint-Michel, une somme qu’elle a dû assumer en bonne partie puisqu’elle dépassait le montant payé par Éco Entreprises Québec, qui défraie l’essentiel de la collecte des matières recyclables.

À Saguenay, « les opérations vont se poursuivre, même si TIRU se retire de l’exploitation du centre de tri », a indiqué à La Presse Stéphane Bégin, porte-parole du cabinet de la mairesse Josée Néron, sans toutefois indiquer de quelle façon.

Le Groupe TIRU n’a pas voulu répondre aux questions de La Presse, jeudi, mais a indiqué dans un communiqué que la chute des prix du papier à recycler sur les marchés internationaux le place dans une situation financière intenable et « illustre la nécessité de modifier en profondeur le modèle économique des centres de tri ».

Le Groupe Tiru est une filiale de la multinationale française Électricité de France (EDF), détenue principalement par l’État français, et mène ses activités au Québec par l’entremise des entreprises Rebuts Solides Canadiens et La Compagnie de recyclage de papiers MD, dont il est le principal actionnaire.