L’administration de la mairesse Plante passe à une autre étape dans sa lutte contre les profilages racial et social en soumettant 2500 agents patrouilleurs à une formation d’ici la fin de 2021.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

La formation portera sur les « pouvoirs et devoirs » des agents. Dans la foulée, les agents seront aussi amenés à rencontrer des gens des communautés autochtones, des intervenants en itinérance, des membres de la communauté LGBTQ et des professionnels en santé mentale.

Lors d’une séance de la commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal, mardi matin, le bilan des activités 2018-2019 a été déposé, avec l’état de ses avancements.

Sur les 31 recommandations proposées l’an dernier, il appert que 15 mesures sont réalisées. Une quinzaine d’autres sont en voie d’être déployées, avec comme élément phare une politique en matière d’interpellation policière, toujours promise au printemps 2020. En amont, on promet l’embauche d’un expert externe pour accompagner le SPVM dans ses démarches.

De manière générale, la commission note qu’elle n’est plus à l’étape de reconnaître qu’il y a des profilages racial et social sur le territoire, mais plutôt à le « mesurer », à le « prévenir », a-t-on expliqué. À cet égard, des données précises sur le nombre d’interpellations par les agents patrouilleurs sont encore à développer, ont indiqué les membres de la commission dirigée par le conseiller municipal Alex Norris.  

La question des sanctions aux agents pris en faute demeure un élément sensible des mesures proposées. Des dossiers sont devant les tribunaux. À cet égard, on souligne seulement qu’il y aura des représentations auprès du gouvernement du Québec dans le cadre du Livre vert sur la réalité policière (loi visant à moderniser la loi sur la police en améliorant le lien de confiance citoyen).

Dans la même veine, le bilan 2018-2019 sur les profilages racial et social aborde très sommairement le projet pilote de munir les policiers de caméras portatives. La Ville de Montréal estime qu’il est prématuré de généraliser son utilisation.

« Nous maintenons une veille sur les avancées de la technologie. Nous demeurons très intéressés. On se positionnera une fois que la technologie sera plus au point », a indiqué Alex Norris.

Côté embauche, le bilan révèle qu’il reste du travail à faire pour améliorer la représentativité des membres de minorités visibles et ethniques, particulièrement auprès du Service de prévention des incendies de Montréal (SIM). L’an dernier, 78 postes de pompiers ont été pourvus. De ce nombre, on compte 11 nouveaux membres provenant d’une minorité visible ou ethnique. Une seule femme. Un seul autochtone.