Mettre un point final au problème des commerces vacants passe nécessairement par la création d’un registre, selon plusieurs organismes montréalais. Un tel registre permettrait d’avoir un portrait complet de la situation et d’assurer la surveillance de l’entretien des bâtiments, estiment plusieurs grands joueurs de l’entrepreneuriat montréalais.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

Allant dans ce sens, un mémoire très attendu sera déposé jeudi par l’Association
des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM). Au total, l’Association ira de 17 recommandations s’articulant surtout autour de la création d’un registre.

« Nous savons qu’il y a de nombreux locaux vacants à Montréal, mais pourquoi ? Il est où le problème ? Actuellement, on a un portrait des édifices industriels, des bureaux, mais les données ne sont pas fiables pour les commerces de rez-de-chaussée », explique
Caroline Tessier, directrice générale de l’ASDCM.

Selon le recensement le plus récent de l’ensemble des Sociétés de développement commercial (SDC) auprès de 5000 bâtiments, 15 % des rez-de-chaussée de locaux commerciaux sont vacants sur le territoire de Montréal. Une donnée très sommaire puisqu’il y aurait au moins 17 000 commerces de rez-de-chaussée sur l’Île de Montréal.

À la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), on entend proposer à l’administration de la mairesse Valérie Plante des mesures pour simplifier la gestion des règlements et l’octroi des permis. Selon la FCEI, il est impératif d’adopter une « politique d’allégement administratif et réglementaire ».

« Si l’on veut que les entrepreneurs motivés occupent les locaux vacants, on ne doit pas les décourager en les noyant dans des formulaires et des formalités trop lourdes. Il faut que la réglementation soit plus intelligente et qu’elle s’adapte à leur réalité », explique François Vincent, vice-président de la Fédération.

Au cours de la journée de mercredi, la Commission sur le développement économique de la Ville de Montréal a reçu six mémoires. En plus de ceux déposés jeudi, d’autres mémoires seront reçus le 21 janvier prochain. En amont du registre, il est proposé par plusieurs d’analyser la possibilité d’établir une redevance réglementaire pour les locaux laissés vacants sur une longue période.