L’usine de filtration de Lachine vient d’être récompensée parce qu’elle produit la meilleure eau municipale du Québec. Ironiquement, cette usine est vouée à la fermeture dans les prochaines années, en raison de sa vétusté.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Cette eau suscitait de nombreuses plaintes, il y a quelques années, de la part des habitants de Lachine, qui déploraient son mauvais goût et sa couleur peu appétissante à certaines périodes de l’année. Mais les choses ont bien changé depuis.

« Il y a trois ou quatre ans, l’eau goûtait vraiment l’aquarium et les algues, parce que notre ozonateur, qui est très, très vieux, était brisé », explique la mairesse de l’arrondissement de Lachine, Maja Vodanovic. « Mais là, ils ont réussi à le réparer. »

Résultat : la Ville de Montréal a reçu le prix de la « Meilleure eau du Québec 2020 » pour sa station de Lachine, au cours du 43Symposium sur la gestion de l’eau organisé par Réseau Environnement, un évènement qui s’est tenu virtuellement au début de novembre.

Plus économique

Pourquoi planifier la fermeture de cette usine, d’ici 10 ans, alors qu’elle produit de l’eau d’une telle qualité ?

Parce que garder la station de Lachine en fonction nécessiterait d’importants investissements dans les prochaines années, répond Mme Vodanovic. Il faut savoir que l’usine de Lachine est l’une des plus petites, avec celle de Dorval, sur les six que compte l’île de Montréal. L’usine de Dorval est aussi vouée à la fermeture.

Il sera moins coûteux d’alimenter l’arrondissement de Lachine en eau portable à partir de l’usine Charles-J.-Des Baillets, située à LaSalle, qui produit la majorité de l’eau consommée dans l’île, avec l’usine Atwater.

L’usine Des Baillets est plus moderne et n’est pas utilisée au maximum de sa capacité, explique Maja Vodanovic. Elle s’approvisionne dans les rapides de Lachine, ce qui signifie que l’eau y est plus pure à la source, et coûte moins cher à traiter.

Les modifications dans l’approvisionnement pour les habitants de Lachine se feront graduellement au cours des 10 prochaines années. En attendant ces changements, les Lachinois peuvent toujours savourer leur eau.

15 finalistes

Les villes participant au concours de la meilleure eau municipale devaient présenter de l’eau dont la qualité était au moins deux fois supérieure aux normes du Règlement sur la qualité de l’eau potable, tout au long de l’année 2019.

Les eaux des 15 villes répondant à ce critère étaient ensuite évaluées à l’aveugle par le jury, en fonction de leur goût, de leur clarté et de leur odeur.

Les 15 stations de traitement de l’eau potable finalistes à cette septième édition du concours étaient, outre Montréal (usine de Lachine), L’Assomption (usine Jean-Perreault), Laval (station Pont-Viau), Saint-Eustache, Gatineau (usines de Gatineau, d’Aylmer et de Buckingham), Québec (usines de Québec, de Charlesbourg et de Beauport), Lévis (usine UPE Desjardins), Saint-Jean-sur-Richelieu (usine de la rive ouest), Rouyn-Noranda, Rivière-du-Loup et Saint-Zotique.