Un « anneau géant » pourrait flotter à plusieurs mètres du sol en plein centre-ville de Montréal dès l’année prochaine, a appris La Presse.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Claude Cormier, architecte à l’origine des boules multicolores du Village gai, a été mandaté par les propriétaires de Place Ville Marie pour travailler sur cet immense projet d’installation artistique, baptisée L’Anneau/The Ring. Il fait actuellement l’objet de consultations auprès des autorités municipales.

On ne connaît pas la taille exacte de l’anneau. Il serait installé à l’angle de l’avenue McGill College et de la rue Cathcart. L’installation serait inaugurée au printemps 2021, en même temps que le nouvel « escalier monumental », qui se trouve au même endroit et donne accès à l’esplanade de Place Ville Marie, située entre les tours du complexe.

Selon une source qui a pu voir les premières modélisations, l’anneau serait très simple, mais grandiose.

Il devrait logiquement être lumineux ou illuminé afin que les noctambules l’admirent aussi. Les gratte-ciel de ce secteur du centre-ville offrent des ancrages tout désignés pour une installation flottante.

Claude Cormier et son cabinet se sont inscrits auprès du Registre des lobbyistes afin de pouvoir communiquer en toute légalité avec les élus municipaux à propos du projet. Il souhaite obtenir « des permis de construction et autres autorisations » afin de réaliser ce « projet d’installation artistique majeur », a-t-il expliqué. « Des démarches sont aussi effectuées afin qu’une orientation soit prise pour arrimer les différents processus d’autorisation en cours », puisque l’ensemble de l’esplanade de Place Ville Marie fait l’objet d’importants travaux.

IMAGE FOURNIE PAR IVANHOÉ CAMBRIDGE

Modélisation de l’intersection McGill College et Cathcart après les travaux de rénovation de l’esplanade et de ses escaliers d’accès. C’est au-dessus de cette zone que devrait flotter l’anneau.

En discussions avec la Ville

Joint par La Presse, Claude Cormier n’a pas voulu commenter le projet, affirmant qu’il était trop tôt pour ce faire. Le projet devait demeurer secret, et M. Cormier ne savait pas qu’il vendait la mèche en s’inscrivant au Registre des lobbyistes.

L’architecte de paysage, à la tête du cabinet qui porte son nom, accumule les prix pour ses projets d’art urbain et d’urbanisme.

C’est son équipe qui a imaginé la rue Sainte-Catherine couverte de boules (roses, puis multicolores) dans le Village gai, installation qui a duré de 2011 à 2019. Plusieurs places montréalaises et torontoises portent aussi la marque de Claude Cormier.

C’est Ivanhoé Cambridge, bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui possède Place Ville Marie et paie pour l’immense projet de rénovation du complexe, de son esplanade et de ses escaliers monumentaux.

« On fait des démarches auprès de la Ville », a affirmé Katherine Roux, porte-parole de la corporation. « Il est encore beaucoup trop tôt dans le processus pour pouvoir confirmer les détails. »

Mme Roux a par ailleurs confirmé que Claude Cormier était un mandataire d’Ivanhoé Cambridge. L’entreprise espère que l’esplanade de Place Ville Marie deviendra un lieu de rassemblement pour les Montréalais et les touristes.

IMAGE FOURNIE PAR IVANHOÉ CAMBRIDGE

Modélisation de l’esplanade de Place Ville Marie après les rénovations. On voit l’avenue McGill College, qui la relie au campus de l’Université McGill.

Laurence Houde-Roy, attachée de presse du comité exécutif de la Ville de Montréal, a indiqué à La Presse que le responsable du dossier du design — le conseiller Luc Rabouin — n’avait pas encore vu d’images de l’anneau géant.

Mme Houde-Roy a ajouté que le projet devait encore être étudié par le comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement de Ville-Marie, qui comprend le centre-ville de Montréal.