Cinq jours après que les cols bleus de Montréal eurent accordé un mandat de grève générale à leur syndicat, la Ville a assuré qu’un éventuel débrayage ne stopperait pas le déneigement des rues de la métropole.

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

L’administration municipale a expliqué jeudi que l’enlèvement de la neige avait toujours été considéré comme un service essentiel : ni la COVID-19, ni une grève de ses employés n’interrompront ces travaux.

« Il y aura des opérations de déneigement », a dit Martin Savard, directeur du Service de la concertation des arrondissements, en charge d’organiser le déneigement. « Je peux vous dire qu’il y a déjà eu des évènements par le passé et le déneigement est toujours considéré comme un service essentiel. »

Le haut fonctionnaire municipal s’exprimait devant un comité du conseil municipal qui étudie en détail le budget 2021 de Montréal. Il répondait à la question d’une citoyenne qui craignait d’être coincée chez elle en cas de grève des cols bleus pendant une tempête.

« Il y a des barèmes à établir, évidemment, mais le déneigement est un service essentiel », a répété M. Savard. « Il en va de la sécurité de la population, ne serait-ce que pour l’accès des services d’urgence, comme les ambulances et les pompiers. »

Samedi dernier, les cols bleus réunis en assemblée générale spéciale ont accordé à leur syndicat un mandat pour exercer des moyens de pression pouvant aller jusqu’à une grève générale illimitée. L’organisation négocie actuellement le renouvellement de sa convention collective.

« Malheureusement, les pourparlers piétinent », déplorait samedi le président du syndicat. « La Ville de Montréal ne semble pas vouloir négocier de bonne foi à la table de négociation. Il fallait mettre un peu de pression afin d’en venir à bout dans l’intérêt de nos membres. Le mandat obtenu aujourd’hui démontre que nous sommes mobilisés et déterminés. »

Martin Savard a plutôt affirmé que les discussions progressaient. « Les deux parties négocient très fort », a-t-il dit. « Il n’y a pas de bris de négociations. »

La Ville a déjà annoncé il y a deux semaines qu’elle prendra des moyens pour tenter d’éviter une éclosion de COVID-19 parmi ses employés affectés au déneigement.