Le gouvernement Legault a octroyé mardi un mandat d’études à une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour l’implantation d’un « mode de transport collectif électrique » dans l’axe du boulevard Taschereau et du prolongement de la ligne jaune, à Longueuil. Des résultats sont attendus d’ici 2021.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Québec indique que le but de ce chantier, confié à CDPQ Infra, est d'identifier « la solution optimale » pour un réseau de transport structurant sur la Rive-Sud de Montréal, « comme le Réseau express métropolitain (REM) l’est » dans le Grand Montréal.

On ignore pour le moment si ce nouveau tracé s’imbriquera au REM. Chose certaine : il devra « s’intégrer aux autres modes de transport » à Longueuil. Le ministère des Transports affirme qu’il n’est « pas en mesure de fournir la somme qui sera dédiée aux études ». « Cela sera connu si les autorités décident de ne pas aller de l’avant, puis cela signifiera qu’on devra rembourser les coûts reliés aux travaux », indique une porte-parole, Sarah Bensadoun, ajoutant que si le projet voit le jour, les sommes seront intégrées au coût global.

Au cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, on assure que les priorités sont claires.

Nous voulons poser des gestes pour améliorer la fluidité et décongestionner la région métropolitaine. Il est essentiel de réaliser des grands projets.

Florence Plourde, attachée de presse de François Bonnardel

M. Bonnardel ajoute que le projet choisi devra faciliter la mobilité de la population dans l’axe est-ouest, tout en contribuant « au développement économique et social » de Longueuil. Sa collègue Chantal Rouleau, ministre responsable de la Métropole, affirme que les retombées du projet auront une « incidence directe » sur la fluidité du réseau routier.

« Un grand pas »

La mairesse de Longueuil s'est félicitée de cette annonce, mardi, dans le cadre d'une conférence de presse où elle annonçait les investissements majeurs de la municipalité pour les trois prochaines années. Aucun chantier préparatoire lié au projet de transport en commun n'est toutefois intégré à ce Programme triennal d'immobilisation (PTI).

« On a eu l'annonce ce matin du grand pas que le Lien électrique est-ouest vient de franchir dans sa concrétisation », a dit Sylvie Parent, qui a estimé que l'annonce marquait une accélération du développement du projet. Mais « il faut comprendre qu'on va attendre les résultats des analyses [concernant] le tracé et le mode de transport que la Caisse va proposer ».

Mme Parent a souligné que des chantiers pourraient être mis en branle, en cas de besoin, même s'ils n'ont pas été inscrits d'avance au PTI. « On va s'adapter comme on le fait quand de grands projets se pointent à l'horizon et se concrétisent », a-t-elle dit.

L'hôtel de ville de Longueuil privilégie l’option du tramway dans le secteur, où environ 250 000 déplacements se font au quotidien, « principalement en auto ». La municipalité veut aussi redévelopper 32 millions de pieds carrés entre le pôle Roland-Therrien et la station Panama du REM. Longueuil vise ainsi à créer des projets immobiliers sur des terrains vacants et des espaces verts le long du futur tracé. On estime que l’opération créerait 14 000 emplois et 30 000 logements.

Exit le bureau de projet

L’arrivée de cette nouvelle démarche met fin à celle du Réseau de transport de Longueuil (RTL), qui pilotait depuis novembre 2019 un bureau de projet sur le prolongement de la ligne jaune et le tramway sur l’axe Taschereau. L’organisme devait rendre des comptes en 2022. Le président du CA, Jonathan Tabarah, a parlé mardi d’une « transition » à opérer pour « s’assurer que les avancées des derniers mois puissent contribuer au progrès global du projet ».

Québec affirme que les informations recueillies par le RTL « serviront d’intrants » à CDPQ Infra. Des premiers résultats d’analyses sont attendus « au cours de l’année 2021 », dont une idée du tracé et du mode de transport privilégié.

Et la ligne bleue ?

En août, le ministre Bonnardel s’inquiétait que l’abandon du projet de loi 61 sur la relance économique pourrait mettre en péril le prolongement de la ligne bleue. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’était alors empressée de réclamer une loi spéciale pour s’assurer que le projet puisse voir le jour.

Or, malgré l’abandon du PL61, le prolongement de la ligne bleue figure toujours parmi les priorités du gouvernement. Le projet est notamment inclus dans la liste de projets pouvant bénéficier de « mesures d’accélération », qui est passée de 202 à 181 en septembre, dans la nouvelle mouture du projet de loi.

Des premiers travaux préparatoires ont d’ailleurs été lancés fin septembre, sur la rue Jean-Talon Est, dans Saint-Léonard, en vue de la construction d’une structure auxiliaire. La fin des travaux est prévue en 2026, avec l’ajout de cinq stations reliant Saint-Michel à Anjou sur 5,8 kilomètres.