La mairesse de Montréal a annoncé vendredi matin la création d’un nouveau bureau de lutte contre le racisme au sein de la structure municipale.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

«Pour la première fois de son histoire, la Ville de Montréal aura un ou une commissaire à la lutte au racisme et à la discrimination systémiques. Ce commissaire relèvera du directeur général et sera appuyé par une équipe de professionnels», a dit Valérie Plante.

«D'ici un an, le ou la commissaire devra proposer un plan d'action qui inclura des mesures structurantes pour contrer le racisme et la discrimination systémiques», a-t-elle ajouté.

Aucun budget précis n'a encore été fixé. Le nouveau bureau sera doté de trois ou quatre postes.

Mme Plante a fait valoir que cette annonce répondait aux recommandations du rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) concernant le racisme, publié en juin dernier.

« Nous sommes contents d’aller de l’avant aussi rapidement », a dit la mairesse.

Mais l'Opposition officielle à l'hôtel de ville n'est pas du même avis. «Cinq mois plus tard, la mairesse invite les médias pour annoncer... qu'elle cherche activement la personne qui sera commissaire», a dit Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal. «Cette administration n'a pas peur du ridicule! Quelle déception pour l'ensemble du milieu communautaire s'attendait à apprendre ce matin le nom du futur commissaire.»

Par ailleurs, la mairesse Plante n'a pas voulu s'ingérer dans les réflexions du gouvernement du Québec quant à l'opportunité de reconnaitre ou pas l'existence du racisme systémique.

«C'est au premier ministre de décider les mots qu'il utilise, mais utiliser ces mots ne rend pas les Montréalais ou les Québécois plus racistes», a-t-elle dit. «Nommer le phénomène fait partie de la solution. [...] C'est important d'utiliser les bons mots.»