Après Montréal qui s’y est engagée jeudi, la Ville de Longueuil propose à son tour un gel des taxes foncières pour l’année 2021. La mairesse Sylvie Parent affirme que le geste est « nécessaire », alors que les conséquences de la pandémie fragilisent bon nombre de personnes.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Je souhaite ardemment que tous les élus du conseil adhèrent à ma proposition », a expliqué la cheffe d’Action Longueuil dans un communiqué diffusé en début d’après-midi vendredi. Elle avance que les impacts économiques de la COVID-19 « ont été importants pour nos citoyens et nos entreprises à Longueuil ».

Son administration dit avoir demandé à la Direction générale de « travailler le budget selon ce paramètre », en vue d’une soumission prochaine aux élus de la Commission des finances, des ressources humaines et des grands projets.

Celle-ci émettra ensuite une recommandation formelle au comité exécutif, avant que la proposition ne soit finalement soumise aux élus du conseil municipal. « Le tout se fait dans les prochaines semaines. Le budget doit être adopté au plus tard le dernier conseil de l’année », soit au mois de décembre, indique l’attachée de presse au cabinet de la mairesse Parent, Alexandre Lapierre.

Alors que nous entrons de plein fouet dans la deuxième vague, il est nécessaire d’aborder la préparation budgétaire du point de vue du contribuable.

Sylvie Parent, mairesse de Longueuil

Le parti de l’opposition officielle, Longueuil Citoyen, affirme qu’il appuiera ce gel de taxes. La formation affirme qu’elle avait déjà demandé l’implantation d’une pareille mesure dans les derniers mois pour « épargner les citoyens dans le contexte actuel ». « Ça rejoint les revendications faites par nos élus », souligne un porte-parole du parti, Francis Dubreuil.

« Les gens vont continuer de souffrir »

Montréal s’est pour sa part déjà engagée, jeudi, à geler les taxes foncières des contribuables pour 2021, en dépit du fait que la COVID-19 a mis à mal ses finances. « La crise est loin d’être finie. Les gens vont continuer de souffrir, financièrement et en raison du manque de contact avec leur entourage », a martelé la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors d'une mise à jour économique présentée par son administration.

À quelques semaines du dépôt de son budget, Montréal prévoit un déficit de 109 à 129 millions de dollars, une somme qui correspond à environ 2 % de ses revenus annuels. La Ville compte sur l’aide gouvernementale, mais aussi ses surplus accumulés et la compression de ses dépenses pour combler le déficit. Elle n’exclut toutefois pas d’emprunter au besoin.

Vendredi dernier, Québec et Ottawa ont annoncé le versement 2,3 milliards en aide financière, dont 1,2 milliard pour aider spécifiquement les sociétés de transport en commun. La moitié de ces sommes proviennent du gouvernement fédéral.

La Ville de Longueuil affirme que ces nouveaux fonds permettront de « souscrire » aux objectifs de Québec, c’est-à-dire d’éviter une hausse du fardeau fiscal « sans devoir envisager une réduction des services municipaux ».