Québec lance un premier appel d’offres en vue de l’élargissement de l’autoroute 30, sur la Rive-Sud de Montréal, afin d’y ajouter une voie réservée dans chaque direction.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Le ministre des Transports, François Bonnardel, et la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, en ont fait l’annonce jeudi après-midi à Brossard.

L’A30, empruntée par 80 000 véhicules par jour sur certains tronçons, devrait être élargie sur une vingtaine de kilomètres, entre l’A20 et l’A10. Ces travaux devraient permettre de faire circuler plus rapidement les autobus sur cette artère.

« Cette voie réservée sera très, très, très importante pour les automobilistes, très importante aussi dans le contexte où l’A30 est très achalandée », a dit M. Bonnardel, après avoir mentionné l’impact positif pour les transports en commun.

Le ministre a reconnu que la COVID-19 avait perturbé les habitudes de transport de milliers de Québécois, avant d’ajouter qu’il était « beaucoup trop tôt » pour en connaître l’effet à long terme sur les besoins routiers et que la pandémie ne remettait donc pas en question cet élargissement. M. Bonnardel a affirmé que ses équipes cherchaient « les meilleures solutions pour répondre à notre politique de mobilité durable et réduire le temps d’attente dans la voiture le matin et le soir ».

Le chantier devrait débuter en 2022. L’appel d’offres lancé jeudi vise seulement les études initiales qui chercheront à déterminer quels types de véhicules pourront circuler dans ces nouvelles voies réservées.

Évaluations environnementales

Dans son projet de loi 66, actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale, Québec exclut l’autoroute 30 du regard du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) afin d’en accélérer l’achèvement.

« C’est important de dire qu’il y a déjà eu beaucoup d’évaluations environnementales pour l’A30, on connaît les impacts. On parle d’élargissement dans l’emprise de la route sur un tronçon bien défini », a dit Mme LeBel, ajoutant avoir bon espoir de pouvoir faire adopter rapidement le projet de loi. Elle a assuré que le ministère de l’Environnement suivrait les travaux pas à pas.

« Il est possible au Québec d’accélérer des processus sans remettre en question ni l’intégrité ni l’environnement, et je pense qu’on va en faire la démonstration dans les prochaines années », a affirmé la ministre.

Les mairesses de Brossard et de Sainte-Julie, Doreen Assaad et Suzanne Roy, se sont réjouies du lancement du projet d’élargissement.

« Le lancement de l’appel d’offres représente le point de départ d’une plus grande fluidité sur l’un des axes routiers les plus importants de la Rive-Sud », a dit la première. « N’oublions pas que cette artère permet l’accès aux marchés ontarien et américain. »

« C’était une nouvelle attendue depuis plusieurs années », s’est réjouie la seconde. Le gouvernement « a compris l’urgence de la situation, l’urgence d’agir. »