Une cinquantaine de personnes ont manifesté devant l’hôtel de ville de Montréal, vendredi, pour exprimer leur déception devant l’administration Plante. Leurs revendications ? Elles étaient aussi nombreuses que disparates : le REV sur Saint-Denis, les travaux de construction, les commerces abandonnés à leur sort, les projets de règlements de rénovations des logements, etc.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

« La mairesse perd les pédales », a écrit une Montréalaise sur une des pancartes de la manifestation. Plusieurs groupes étaient rassemblés pour faire savoir à l’administration Plante qu’ils étaient mécontents de ses récentes décisions, et ce, sur plusieurs sujets.

« Est-ce qu’on va réélire cette mairesse ? Non ! On la sors-tu ? Oui ! », a crié au micro Jean-François Tremblay de la Coalition pour la Qualité des Logements à Montréal. Il manifestait principalement pour contester des projets de règlements de huit arrondissements qui visent à réduire le nombre d’évictions de locataires en limitant les travaux de rénovation d’un logement.

Le restaurateur Vianney Godbout, qui a fermé temporairement un de ses restaurants Chasse-Galerie sur Saint-Denis sans savoir s’il le rouvrira, croit que « l’aménagement du REV sur Saint-Denis va littéralement assassiner la majorité des commerces de destination ». Il est d’avis que la manière dont le REV a été imaginé est « incohérente ».

En plus d’avoir mis de côté l’hiver qui pourrait refroidir la plupart des cyclistes, il ne comprend pas comment les livraisons pourront se faire sur la rue Saint-Denis, alors qu’il y aura une réduction des voies de circulation. « Ça va être impossible d’opérer. Je suis à côté d’une SAQ où ce sont des camions 18 roues qui livrent des palettes. Ça veut dire que Saint-Denis va être bloqué pendant 30 minutes pour une livraison… mais il y a au-dessus de 100 livraisons par jour sur cette rue ! Ça n’a pas été réfléchi. »

Sandrine Balthazard, présidente fondatrice de Le Parloir caves privées mentionne que les travaux routiers sont un fardeau dans Griffintown. « Ce qu’on déplore en ce moment, c’est que tout est fait n’importe comment. Les chantiers sont gérés tout croche, notre argent est géré tout croche et les commerces ne sont pas au cœur de la priorité. C’est notre économie qui en souffre ! Oui, une ville plus verte. Mais pas au détriment de notre santé économique. »

Renaud Brossard, directeur pour le Québec de la Fédération canadienne des contribuables, était quant à lui à cette manifestation pour demander une « baisse de taxes » pour les commerçants. « Ils payent les taxes les plus élevées au pays, par une marge de 50 % de plus que la moyenne nationale. Il est temps de leur donner un répit, surtout après deux mois sans revenus », a-t-il soulevé.