(Ottawa) Durement touchée par la pandémie, l’économie de Montréal a besoin d’une « étincelle » pour reprendre son élan d’avant la crise. Et les principaux acteurs économiques de la métropole se mobilisent afin de proposer aux décideurs, tant à Ottawa qu’à Québec, le meilleur remède qui permettra au patient de se remettre plus rapidement sur pied.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Grâce à l’appui financier d’Ottawa, de Québec, d’Investissement Québec et de la Ville de Montréal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) lancera mardi le mouvement Relançons MTL, dont la raison d’être est de favoriser le partage des meilleures pratiques en temps de pandémie, de créer des lieux d’échanges et de proposer des pistes permettant d’accélérer la reprise qui s’amorce.

Pour mener à bien cette mission, Relançons MTL entend cibler les 14 secteurs névralgiques de l’économie de Montréal, notamment l’aérospatiale, l’agroalimentaire, l’aluminium, le commerce de détail, le secteur de la construction et des infrastructures, le développement durable, le secteur manufacturier, les industries créatives, les établissements d’enseignement supérieur, les services financiers, le transport, le tourisme et les technologies de l’information.

L’objectif sera de cibler clairement d’ici novembre les enjeux et les défis auxquels est confronté chacun de ces secteurs, et de déterminer les mesures qu’Ottawa et Québec doivent privilégier afin d’accélérer la reprise. Chaque secteur fera l’objet d’une analyse de l’état des lieux et d’un plan d’action spécifique pour favoriser la relance de ses activités.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LAPRESSE

En six mois de crise, Montréal a perdu 5,7 % des emplois sur son territoire, déplore la ministre Joly.

Montréal devient ainsi la première grande ville canadienne à se livrer à un tel exercice de brassage d’idées en faisant appel aux principaux acteurs de son écosystème économique alors que le gouvernement fédéral et les provinces planchent sur des plans de relance post-COVID-19. D’autres villes canadiennes, notamment Toronto, pourraient lui emboîter le pas, selon nos informations.

Le gouvernement Trudeau entend apporter une contribution de 700 000 $ à l’exercice, tandis que le gouvernement du Québec allongera 200 000 $ et Investissement Québec, 125 000 $. La ministre du Développement économique et des Langues officielles du Canada, Mélanie Joly, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, Jean Boulet, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le président de la CCMM, Michel Leblanc, annonceront les détails de cette initiative mardi lors d’une conférence de presse.

« Une étincelle »

« Montréal allait tellement bien avant la pandémie. Il ne faut pas se retrouver, à cause de la crise, à revivre des difficultés économiques que Montréal a déjà connues dans le passé. On était sur une belle lancée. Il ne faut pas la freiner. Il faut se donner les moyens de la poursuivre », a indiqué à La Presse lundi la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.

Selon la ministre, Relançons MTL est « une espèce d’étincelle qui est nécessaire pour accélérer la relance. On ne peut pas faire cela en vase clos. Il faut le faire ensemble. Il faut le faire avec les entrepreneurs, travailler avec les syndicats aussi. Tout le monde doit ramer dans la même direction », a-t-elle dit, soulignant que de nombreux commerces sont en mode survie au centre-ville.

Elle a rappelé que Montréal, en six mois de crise, a perdu 5,7 % des emplois sur son territoire. Un chiffre qu’elle juge « énorme » et qui requiert une mobilisation importante de tous les acteurs pour le bien-être économique de la métropole.

PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Mélanie Joly, ministre du Développement économique et des Langues officielles

La crise nous a tous frappés. Mais elle n’a pas frappé de la même façon à travers le pays. Nos grandes villes, particulièrement Montréal, ont été plus affectées. Face à ce constat, il faut être là pour aider les Montréalais, aider les entreprises, aider les travailleurs. Notre objectif, c’est d’accélérer la relance.

Mélanie Joly, ministre du Développement économique et des Langues officielles

Pour le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, la pandémie de COVID-19 a provoqué une crise sanitaire importante, mais elle a aussi causé des dommages considérables à l’économie. D’où l’importance de mobiliser les représentants des principaux piliers de l’économie de la métropole.

L’idée de lancer un tel exercice est d’ailleurs née en juillet durant une des nombreuses conversations qu’a eues la ministre Mélanie Joly avec Michel Leblanc au cours des derniers mois.

Le gouvernement Trudeau doit lever le voile sur son plan de relance dans le discours du Trône qu’il présentera le 23 septembre. Mais Mme Joly estime que les idées et les propositions des gens d’affaires sont « fondamentales » pour que la reprise soit solide et durable.

« C’est vraiment le coup d’envoi pour la reprise à Montréal. Mais on ne veut pas qu’elle soit désincarnée de la réalité sur le terrain. On part au front, les différents paliers de gouvernement, pour être capables d’être stratégiques. Durant la pandémie, le gouvernement fédéral a été là pour les différentes mesures, la prestation canadienne d’urgence, la subvention salariale, les prêts aux entreprises, entre autres.

« Nous sommes là depuis le début. Nous allons continuer de l’être. »

En entrevue, Mme Joly a par ailleurs écarté l’idée de briguer à nouveau la mairie de Montréal. Ainsi, elle entend demeurer sur la scène politique fédérale. « Je vais être candidate aux prochaines élections fédérales. Il y a plusieurs façons de servir Montréal », a-t-elle affirmé.