La Politique sur les interpellations policières déposée par le SPVM en juillet a fait l’objet d’une première consultation publique à Montréal.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Lors de la première consultation publique virtuelle au sujet de la Politique sur les interpellations policières du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), les citoyens et des élus ont posé des questions aux autorités policières. Sur les 35 questions issues de la population, plusieurs étaient formulées pour exprimer un mécontentement sur des aspects de cette nouvelle politique ou une méfiance face au désir réel de changement de culture du corps de police.

Il a notamment été question du fait que cette politique n’inclut pas les interpellations faites en regard du Code de la route.

Également, des citoyens aimeraient que toutes les interpellations soient répertoriées, puisqu’ils craignent que des policiers continuent de faire du profilage racial en omettant de remplir une fiche d’interpellation pour ne pas être blâmés par leur service de police.

D’autres aimeraient que des mesures disciplinaires soient mises en place pour les policiers qui ne respectent pas la nouvelle politique.

L’inspecteur-chef Vincent Richer a rappelé qu’il s’agissait d’une première mouture de cette politique et que le SPVM s’engage à la modifier ou à la bonifier.

Le groupe indépendant de chercheurs qui avaient analysé des données d’interpellations policières en octobre 2019 va poursuivre son travail auprès d’eux. Dans ce deuxième mandat, les trois chercheurs analyseront plus de 45 000 fiches d’interpellations pour mieux contextualiser les interpellations. Après quelques mois d’implantation de la nouvelle politique, les policiers seront rencontrés pour voir « comment ils ont changé leur pratique », a expliqué Vincent Richer, mardi matin.

Il faudra attendre la fin de 2021 pour mettre la main sur ce deuxième rapport indépendant sur l’analyse des interpellations policières. C’est après la remise de celle-ci qu’une deuxième version de la Politique sera dévoilée.

Alors que la nouvelle politique entrera en vigueur cet automne, chaque policier a l’obligation de suivre préalablement une formation. De plus, sept « coachs » seront déployés sur le terrain pour encadrer les policiers. D’après l’inspecteur-chef, beaucoup de policiers ont postulé sur ces sept postes. « L’intérêt est grand pour participer à ce changement culturel qu’on met en place. »

« C’est la première fois qu’une organisation crée une équipe de coachs au Québec. Et on a fait des recherches ailleurs, on n’a pas trouvé d’exemple où une organisation a utilisé cette forme-là pour accompagner les policiers lors de l’implantation d’une procédure ou politique », a affirmé M. Richer, qui croit « fermement que la politique en matière d’interpellation va améliorer la situation ».

Cette consultation publique était tenue par la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal, qui a annoncé qu’elle déposera des recommandations à propos de la première mouture de cette politique.

Le président de cette commission et membre du comité exécutif, Alex Norris, a notamment mentionné que des discussions étaient entamées entre le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal au sujet de l’implantation de caméras corporelles sur les policiers, puisque « la technologie s’est beaucoup développée ». « Un dossier à suivre », a-t-il conclu sur le sujet.

Les citoyens ont jusqu’au 30 septembre pour donner leur opinion à la Commission de la sécurité publique sur la nouvelle Politique.