Le projet immobilier de 800 millions de dollars que souhaitait réaliser l’entreprise Olymbec sur l’île Gagnon et à la Place Sainte-Rose, à Laval, ne sera pas réalisé dans sa forme actuelle.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Disant constater l’absence d’acceptabilité sociale, « la Ville n’ira pas de l’avant avec le changement réglementaire demandé par le promoteur », a indiqué l’administration du maire Marc Demers dans un communiqué, vendredi.

Selon un sondage réalisé entre le 17 juin et le 31 juillet 2020 auprès de 1811 citoyens, 75 % des répondants se disent défavorables au volet de l’île Gagnon et 63 % se disent défavorables à celui de la Place Sainte-Rose.

« Sans acceptabilité sociale, le promoteur doit retourner à la table à dessin », a déclaré le maire Marc Demers, cité dans le communiqué, suggérant un « codesign » avec les citoyens comme une « avenue intéressante » pour concevoir un projet acceptable pour tous.

Le projet avait soulevé l’inquiétude de nombreux citoyens ; une manifestation en canots et en kayaks aura d'ailleurs lieu samedi matin sur la rivière des Mille-Îles pour réclamer la protection de l'île Gagnon.

Plusieurs organisations de protection de l’environnement, dont le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval, avaient aussi critiqué la proposition d'Olymbec et exhorté la Ville à plutôt protéger l’île.

« Le zonage actuel de l’île Gagnon ne permet qu’un développement limité, ce qui est sensiblement similaire à ce que permettrait une affection de protection », indique pour sa part dans le communiqué de la Ville Virginie Dufour, conseillère de Sainte-Rose et membre du comité exécutif.

Plus de 1500 unités d’habitation

Olymbec souhaitait établir « un centre de villégiature international » sur l’île Gagnon, une île privée qu’elle a acquise de Céline Dion en 2016.

Elle aurait converti l’ancien manoir de la célèbre chanteuse en salles de réception et aurait construit un petit hôtel cinq étoiles, un « centre bien-être » avec un spa, une salle de conditionnement et un restaurant haut de gamme, ainsi que 660 condos.

Le promoteur projetait aussi de construire un deuxième pont pour relier l’île à la terre ferme.

Quant au volet de la Place Sainte-Rose, à l’angle des boulevards Sainte-Rose et Curé-Labelle, Olymbec prévoyait un développement immobilier de 960 logements ainsi que des résidences pour personnes âgées, un CHSLD, un hôtel, une salle de spectacles et des espaces commerciaux.

Olymbec prête à modifier le projet

Le résultat du sondage « était attendu », a réagi par voie de communiqué l'instigateur du projet, François Duplantie.

« Nous sommes à l’écoute des citoyens touchés par les projets et nous entendons travailler avec eux et avec la Ville, pour rendre les projets socialement acceptables », a-t-il déclaré, embrassant l'idée du « codesign » avec les citoyens.

« Il est important pour nous de prendre en compte les préoccupations des citoyens et des parties prenantes, poursuit le communiqué. Nous sommes convaincus qu’il est possible, en 2020, de réaliser un projet immobilier de cette envergure de manière écoresponsable. »

Le groupe de citoyens opposés aux projets s'est quant à lui dit « content de la décision de la Ville », a indiqué à La Presse Ian Sabourin-Somers, membre du regroupement.

Ils trouvent néanmoins « étrange » la proposition de « codesign » faite par le maire Demers.

« C'est à la Ville de fournir l'accompagnement aux citoyens qui ne sont pas outillés pour négocier avec un promoteur immobilier », a affirmé M. Ian Sabourin-Somers.