Une série de nouveaux aménagements et d’installations artistiques seront déployés dans les prochains jours sur les artères piétonnisées de Montréal, dont Mont-Royal, Sainte-Catherine et Saint-Denis. La Ville, qui a annoncé mardi un plan de relance économique de 400 000 $ au centre-ville, entend ainsi « améliorer l’expérience commerciale ».

Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« On est en train d’embellir l’expérience piétonne, et de faire en sorte que ces rues-là deviennent vraiment des destinations. Le but, c’est de retrouver un peu ce qui fait la personnalité de Montréal, pendant l’été », explique l’attachée de presse au cabinet de la mairesse, Catherine Cadotte.

Sur l’avenue du Mont-Royal, piétonnisée depuis la mi-juin, cinq collectifs ont notamment été mis à disposition pour repenser l’aménagement. Le collectif MU, qui a déjà produit plus d’une centaine de murales à Montréal, y présentera notamment une oeuvre déclinée en trente tableaux sur 2,5 kilomètres et 76 000 pieds carrés.

Le milieu culturel est toujours le premier à débarquer et le dernier à rembarquer dans une crise comme celle-ci. Pour nous, c’était essentiel de les inclure dans ce projet-là.

Le directeur de la SDC de l’avenue du Mont-Royal, Claude Rainville.

Environ 90 % des nouveaux aménagements sont fins prêts, et le reste le sera d’ici le début de la semaine prochaine. En août, M. Rainville entend aussi mener des études de satisfaction, pour déterminer comment les citoyens se sont appropriés les nouveaux aménagements, et s’ils apprécient vraiment ceux-ci. « On pourra aussi voir l’impact que ça a eu sur les ventes des commerçants », illustre-t-il.

Des attentes élevées

La rue Saint-Denis ne sera pas en reste. Une quinzaine de modules sanitaires et de détente y seront installés sur un peu plus d’un demi-kilomètre. « Si tout va bien, d’ici deux semaines, on aura aussi une grande fresque sur tout notre territoire, entre Sherbrooke et Maisonneuve », se réjouit la directrice de la SDC du Quartier latin Angélique Lecesve, qui promet aussi des expositions temporaires.

« On s’attend à ce que ça attire un peu plus les gens. On ne fera pas de miracle, mais au moins, on sera plus attractifs. On a piétonnisé pour qu’il y ait de la vie. Ramener de l’art, c’est un début de vie qui reprend », ajoute-t-elle.

Ça va faire du bien au moral, et ça encourage nos commerçants. Oui, ça va être difficile, ça va prendre du temps pour repartir, mais au moins, on avance.

La directrice de la SDC du Quartier latin, Angela Lecesve

D’après le conseiller du district de Saint-Jacques dans Ville-Marie, Robert Beaudry, « ces aménagements novateurs contribueront à faire du Quartier latin une destination estivale incontournable ». « Les animations vont certainement soutenir le succès commercial de l’artère. J’invite les citoyens à profiter de cet espace urbain créatif en soutenant leurs commerçants locaux », lâche-t-il.

Plus au sud, l’organisme Art Souterrain installera aussi des oeuvres d’art contemporain dans plusieurs commerces vacants des rues Sainte-Catherine et Atateken, et ce jusqu’en hiver 2021 « ou jusqu’à la location des locaux ». Le projet, dit-on, poursuit un « triple objectif », « en favorisant la communication des propriétaires immobiliers, en valorisant le quartier et en proposant une activité culturelle accessible ».