Le port d’un couvre-visage sera obligatoire dans tous les transports publics à compter de lundi matin, mais la Société de transport de Montréal (STM) n’a pas l’intention de jouer à la police du masque ni de demander à ses chauffeurs de le faire.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Lundi matin, a assuré vendredi le président de la STM, Philippe Schnobb, les murs des stations seront « tapissés » de publicités rappelant cette nouvelle obligation, qui vise à réduire les risques de transmission de la COVID-19 dans les transports en commun.

Des messages préenregistrés seront entendus dans le métro et les bus, et des employés de la STM distribueront des couvre-visages réutilisables gratuits aux usagers à l’entrée de stations de métro et sur certaines lignes de bus. Les agents de station, dans les loges, et les inspecteurs de la société en auront en permanence pour ceux qui auraient oublié le leur à la maison.

En distribuant des couvre-visages, nos inspecteurs pourront en même temps sensibiliser les clients à cette nouvelle obligation. Nous avons choisi une approche constructive. Au lieu de donner des constats d’infraction, les inspecteurs vont donner des masques.

Philippe Schnobb, président de la STM

Les usagers du transport adapté ont déjà reçu par la poste des couvre-visages, qui seront aussi obligatoires dans les minibus de la STM et les taxis partenaires.

« Essentiellement », a renchéri le directeur général, Luc Tremblay, « notre stratégie [pour intégrer cette nouvelle règle] est basée sur la sensibilisation, la communication, le respect et le sens des responsabilités de nos employés et de nos clients. »

« On a la prétention de penser que ça fonctionne, a-t-il ajouté. Depuis [deux mois], le nombre de clients qui portent un couvre-visage dans nos réseaux est passé de 0 à 60 %. »

Période de grâce

À la fin de juin, pour des raisons sanitaires évidentes et parce que les réseaux de transports en commun sont un élément indispensable de la relance économique, en pleine pandémie, le gouvernement du Québec a décrété l’obligation de porter le couvre-visage, sur la bouche et le nez, pour entrer dans le métro, les autobus ou les trains de banlieue.

Le règlement entre en vigueur le lundi 13 juillet, mais une « période de grâce » de deux semaines, allant jusqu’au 27 juillet, a été prévue pour permettre à tout un chacun de s’adapter à cette nouvelle réalité. C’est à partir de cette même date, d’ailleurs, que la Ville de Montréal a décidé de rendre le port du masque obligatoire dans les commerces et les endroits fermés.

Cette période de grâce permettra aussi à la STM de s’ajuster à cette règle. Le président de la société a rappelé que le gouvernement du Québec devait adopter un décret, qui déterminera les conditions d’application de ce règlement. Celles-ci pourraient prévoir des amendes aux récalcitrants ou aux contrevenants, voire leur expulsion, mais ce n’est visiblement pas la voie privilégiée par la STM.

« On va rendre ça facile, dit M. Schnobb. On va distribuer des couvre-visages, répéter la consigne, s’assurer que les gens sont en mesure de respecter la consigne, et on va s’ajuster en fonction de ce qui sera dans le décret pour la suite des choses. »

IMAGE FOURNIE PAR LA STM

Ce tableau résume chaque étape à venir du plan de déconfinement de la STM et chaque mesure mise en place pour assurer la sécurité des usagers et des employés alors que la pandémie se poursuit.

Une autre façon de se déplacer

Dans l’intervalle, les usagers qui ont déserté les réseaux de transports collectifs depuis le début de pandémie pourraient être surpris des nouveaux aménagements, à leur retour. Une barrière transparente en polycarbonate de 1/4 de pouce (0,6 centimètre) séparera les chauffeurs des passagers. La signalétique à bord du bus suggérera aux usagers d’« avancer par en arrière » et de descendre uniquement du bus par la porte arrière afin d’éviter au maximum qu’ils s’entrecroisent en se déplaçant entre les rangées de sièges.

Dès la semaine prochaine, a affirmé Luc Tremblay, un nouveau marquage au sol fera aussi son apparition à la station de métro Montmorency, à Laval, pour guider les mouvements des usagers sur les quais et les mezzanines des stations. Il s’étendra à l’ensemble du réseau au cours de l’été.

Des pastilles voyantes seront peintes au sol pour rappeler la nécessité de garder une distance physique appropriée aux endroits où les usagers sont les plus susceptibles de faire la file, soit aux loges des changeurs ainsi que devant les machines distributrices de titres et les ascenseurs.

Un marquage sous forme de flèche au sol invitera les usagers à suivre « le sens de la circulation » et à éviter les mouvements de rencontre dans les endroits les plus passants du métro.

IMAGE FOURNIE PAR LA STM

Des panneaux semblables à celui-ci apparaîtront cet été dans le métro pour guider les déplacements des usagers à l’intérieur des stations et réduire les croisements ou collisions accidentelles dans les endroits achalandés

M. Schnobb a rappelé que la STM était favorable à l’obligation de porter le couvre-visage dans ses réseaux. « C’est un élément essentiel de notre stratégie visant à offrir un environnement sécuritaire aux usagers et au personnel, et à redonner confiance aux usagers pour qu’ils recommencent à prendre l’autobus ou le métro en toute quiétude. »

Selon les données de la STM, la fréquentation du métro et des autobus, qui s’est effondrée de 90 % après le confinement général, à la mi-mars, reprend graduellement et représentait, jeudi, environ 60 % de l’achalandage enregistré à la même période, l’an dernier.