La guerre intestine qui paralyse la mairie de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce s’est de nouveau transportée devant la Cour supérieure, ce jeudi.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

La première élue locale, Sue Montgomery, demande à la justice de forcer la Ville de Montréal à cesser de s’impliquer dans les relations de travail à la mairie d’arrondissement.

La cheffe de cabinet de Mme Montgomery, Annalisa Harris, a été accusée de harcèlement psychologique envers des hauts-fonctionnaires de l’arrondissement par un rapport de la ville-centre, fin 2019. La mairesse d’arrondissement appuie sa lieutenante et a refusé de la congédier. La mairesse de Montréal Valérie Plante a exclu Mme Montgomery du caucus de Projet Montréal en raison de sa position.

La situation s’est encore envenimée après les tentatives répétées de Mme Montgomery de suspendre le premier fonctionnaire de l’arrondissement. Elles ont été contrecarrées par le conseil d’arrondissement.

Ce jeudi, les avocats de Mme Montgomery et de la Ville de Montréal débattent devant le juge Bernard Synnott de l’opportunité d’émettre une injonction pour forcer la ville-centre à cesser de s’ingérer dans sa relation avec les employés de l’arrondissement.

« Depuis le début, la Ville de Montréal a lancé de la boue à ma cliente et par le fait même à sa cheffe de cabinet », a dénoncé Me Éric Oliver, qui représente la mairesse d’arrondissement. « Certains élus sont prêts à dire n’importe quoi pour nuire à Mme Montgomery. »

MLouis Béland, l’avocat de la Ville de Montréal, a plaidé par la suite. Face à des questions incisives du juge Synnott, il s’est retrouvé en difficulté, bien en mal d’expliquer le comportement de Montréal et de Projet Montréal dans ce dossier.

Plus tôt ce printemps, le camp Montgomery avait perdu sa tentative pour obtenir une injonction d’urgence de la même teneur.

En marge de l’audience, Mme Montgomery a dit vouloir se battre « pour la justice » malgré les effets de ce conflit sur l’arrondissement.