La mairesse défend ses projets critiqués et avance que la rue Sainte-Catherine Ouest pourrait elle aussi être interdite aux voitures pendant tout l'été.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Valérie Plante défend bec et ongles son plan de déplacement estival, y compris la piétonnisation qui fait tant réagir sur l’avenue du Mont-Royal et ailleurs. Malgré la grogne, la mairesse persiste et va même plus loin : elle a annoncé que la rue Sainte-Catherine Ouest pourrait elle aussi être fermée à la circulation automobile tout l’été si la piétonnisation de week-end suscite « l’engouement ».

Lundi, lors de sa participation à une causerie virtuelle organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Valérie Plante a reconnu que ses mesures d’apaisement « polarisent » beaucoup, mais elle accepte « de ne pas plaire à tout le monde ». Après tout, dit-elle, c’est le temps ou jamais d’utiliser « la ville comme un laboratoire », alors que les Montréalais sont aux prises avec une crise sanitaire qui réduit leurs déplacements motorisés.

La mairesse de Montréal a rappelé qu’elle a notamment été élue par des citoyens qui demandaient que son parti « change la ville et la fasse entrer dans le XXIsiècle ». « Ils étaient un demi-million à me demander des changements concrets pour la lutte contre les changements climatiques, et c’est pour eux que je fais ça », a précisé Mme Plante. « Je le fais aussi pour la planète », a-t-elle ajouté.

Alors qu’elle croit à la piétonnisation « à 100 milles à l’heure », celle qui porte aussi la casquette de présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal a annoncé que la rue Sainte-Catherine Ouest, qui ne doit être piétonne que les fins de semaine pendant la saison chaude, pourrait finalement être fermée à la circulation « à la semaine longue » si la fréquentation est au rendez-vous.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Cette décision est d’ailleurs espérée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et par le Quartier des spectacles, deux organisations qui avaient demandé de concert un plan d’action au début du mois de juin. Un plan dans lequel on espérait notamment « que la rue Sainte-Catherine devienne une avenue piétonne d’Atwater à Papineau, sept jours sur sept, durant la période de vulnérabilité du centre-ville ».

Je suis définitivement engagée à poser des gestes forts, quitte à ce que ce soit impopulaire chez certains.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Interviewée par le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, la mairesse a indiqué que même si elle n’avait pas d’automobile, elle utilisait régulièrement la « voiture de fonction » dans le cadre de son travail. « Les rues de Montréal, je les connais très bien à vélo et en auto », a-t-elle répondu à ceux qui pourraient croire qu’elle ne comprend pas la réalité des automobilistes.

Relance

En ce qui concerne la relance économique, la mairesse a exprimé à plusieurs reprises à quel point les villes ont besoin d’une aide gouvernementale en cette période de pandémie. « Je trouve qu’il y a un jeu de ping-pong entre le provincial et le fédéral concernant l’aide qui devrait être donnée aux municipalités », a-t-elle déploré.

D’après elle, son équipe a apporté sa contribution, notamment en élaborant un plan et en injectant 22 millions pour la relance économique de Montréal. « On a démontré que charité bien ordonnée commence par soi-même. Maintenant, Québec doit donner de l’aide ciblée », a-t-elle affirmé.

Michel Leblanc a souligné qu’il avait entendu des critiques à propos des 22 millions promis par la Ville, puisque cette aide demeure mince comparativement aux besoins. « C’est important que les gens comprennent les limites des capacités d’action d’une ville au niveau économique », a répondu Mme Plante, en rappelant que les villes n’ont pas le droit d’enregistrer des déficits.

« Montréal ne fait pas des caprices. Nous sommes la locomotive du Québec. Et donc, si la région métropolitaine va bien, le reste du Québec va bien. Si on ne s’occupe pas de Montréal, sur le long terme, ça va nuire au Québec », a-t-elle conclu.