L’avenir de BIXI est électrique, si l’on se fie au nouveau président du service de vélopartage, Alexandre Taillefer. Celui dont la nomination a été annoncée mercredi par l’administration Plante veut rapidement faire passer la proportion de vélos munis d’un moteur électrique de 2 % à 50 % du parc total.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

En marge de la conférence de presse, l’ancien Dragon a confié que la réussite à long terme des vélos en libre-service passait par l’électrification, un moyen d’augmenter à la fois le nombre d’usagers et les distances parcourues.

Les bicyclettes bleues munies d’un moteur électrique auraient aussi l’avantage, selon M.  Taillefer, d’élargir la portée du service aux quatre coins de l’île de Montréal, à Laval et à Longueuil, voire jusqu’aux banlieues qui ne sont actuellement pas desservies par le BIXI.

« Pour les gens qui essaient le vélo électrique, comme ce fut le cas pour la mairesse ce matin, c’est une révélation ! C’est vraiment un moyen de transport qui devient absolument compétitif avec la voiture solo », a lancé l’entrepreneur, qui est arrivé aux côtés de Mme Plante, chacun en selle sur un BIXI électrique.

En ce moment, BIXI Montréal n’offre que 120 vélos électriques, tous bleus. D’ici à la fin du mois de juillet, 1000 nouveaux seront distribués dans les stations et 1000 autres en 2021. « Ça va quand même représenter 20 % du parc », précise M.  Taillefer, qui espère pouvoir faire grimper cette proportion à 50 % d’ici cinq ans.

Un trajet moyen en BIXI est en ce moment de 1,8 kilomètre. Les trajets en vélo électrique permettent aux usagers de parcourir de plus longues distances, ce qui est particulièrement attrayant pour ceux qui ne vivent pas dans la « ville-centre », selon le fondateur de Téo Taxi, un service de taxi électrique. « En 30 minutes, on peut facilement faire dix kilomètres en vélo électrique », a-t-il fait valoir.

Un « cocktail transport »

La mairesse Valérie Plante a confié pour sa part qu’elle voulait depuis longtemps travailler avec l’entrepreneur, « mais qu’il fallait trouver le bon endroit, le bon moment et le bon mandat ». « J’ai consulté ses références avant de l’engager ! », a-t-elle ajouté à la blague, en soulignant qu’elle était ravie qu’Alexandre Taillefer ait accepté de relever ce nouveau défi.

Valérie Plante a aussi parlé de l’importance d’offrir un « cocktail transport » intéressant aux citoyens. Alexandre Taillefer, pour qui l’avenir de la métropole passe par les transports collectifs, abondait en expliquant qu’un « excellent plan stratégique » était en place pour réinventer la mobilité avec plusieurs acteurs qui offrent du transport public, dont Communauto et la Société de transport de Montréal (STM).

« On veut s’assurer de rendre ça plus simple, accessible et extrêmement abordable pour que les gens n’hésitent plus à miser sur un cocktail transport, en venant par exemple le matin en BIXI et en repartant le soir en transports en commun », a expliqué celui qui présidera désormais le conseil d’administration de BIXI Montréal.

Tout comme sa prédécesseure, Marie Élaine Farley, il souhaite que Québec finance l’organisme à but non lucratif : « Je pense que ça fait partie du rôle du gouvernement aujourd’hui de financer le transport collectif. Il le fait très bien avec les transports en commun et, pour moi, le BIXI est absolument complémentaire au transport ».