La Ville de Montréal lance un grand chantier pour la réfection de la station de pompage McTavish, qui constitue le cœur du réseau de distribution de l’eau potable dans l’île. Coût de l’opération : 250,8 millions.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

« On n’a plus le choix. Il faut aller de l’avant pour la sécurité des Montréalais », a affirmé mercredi matin le responsable politique du dossier de l’eau et des infrastructures, Sylvain Ouellet, lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif.

La station de pompage McTavish a été construite en 1928 et agrandie en 1947. Le réservoir du même nom date de 1856. Cent ans plus tard, il a été recouvert. Il est situé au pied du mont Royal, juste au-dessus de l’Université McGill.

Plusieurs des équipements de la station de pompage sont en fin de vie. En octobre dernier, des travaux d’urgence ont été effectués sur la conduite principale d’eau potable reliée au réservoir McTavish, située le long de l’autoroute Ville-Marie. La Ville craignait alors un problème dans l’approvisionnement en eau potable.

C’est à partir de McTavish que 1,2 million de citoyens et les principaux hôpitaux montréalais sont alimentés en eau potable. C’est ce réservoir qui alimente les autres grands réservoirs situés sur la montagne. Le territoire desservi va de l’extrême est jusqu’à LaSalle, dans l’ouest de l’île. Les arrondissements de Saint-Laurent, d’Ahuntsic-Cartierville et de Montréal-Nord ne font toutefois pas partie de la zone desservie.

Devant les élus du comité exécutif, le directeur de la production de l’eau potable, Alain Larrivée, a affirmé que « c’est le début des travaux d’un des projets les plus importants de la prochaine décennie » pour ce service. Selon lui, le projet est en préparation depuis plus de 15 ans. Des investissements majeurs ont notamment été réalisés pour rouvrir le réservoir Rosemont (construit en 1967 et fermé 10 ans plus tard), qui prendra le relais à compter de janvier prochain pour permettre le chantier McTavish.

« Le projet aura un impact déterminant sur la fiabilité et la sécurisation de l’alimentation en eau potable de nombreux Montréalais », a précisé M.  Larrivée.

Les travaux débuteront en juillet prochain et se poursuivront jusqu’en 2022. Ils sont confiés à l’entrepreneur Loiselle pour une somme de 43 millions. Il s’agit essentiellement de démolir l’intérieur de la station de pompage tout en conservant la structure patrimoniale. En janvier prochain, les plans et devis de la deuxième phase seront lancés. L’exécution des travaux est prévue entre 2023 et 2028.

Cet immense chantier aura des répercussions sur la circulation autour de l’Université McGill puisqu’il faudra relocaliser trois des quatre conduites d’eau potable. L’avenue du Docteur-Penfield, entre la rue McTavish et l’avenue des Pins, sera fermée de façon permanente durant toute la phase 1 et va s’étirer durant la séquence suivante des travaux, a prévenu la Ville. Un chemin de détour a été prévu.

« À terme, les bénéfices de cette réfection majeure sont d’accroître la durée de vie de nos actifs, d’augmenter la flexibilité opérationnelle puisque la capacité de pompage sera augmentée de façon significative tout en assurant le maintien d’un patrimoine collectif pour les générations futures. […] C’est un point tournant pour le réseau de distribution de l’eau potable après presque 100 ans suivant sa construction », a conclu Alain Larrivée.

Le règlement d’emprunt de 250,8 millions sera soumis à l’approbation des élus de l’agglomération de Montréal la semaine prochaine.